MODE DE VIE AU PALEOLITHIQUE SUPERIEUR
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A Olorgesailie (Kenya), les archéologues ont découvert la preuve évidente des succès que les premiers hommes remportaient lorsqu'ils partaient en chasse; ce mode de vie allait caractériser notre espèce jusqu'à une date relativement récente, et ce fut la chasse qui finalement sépara nettement l'homme de ses autres cousins, les primates. Les vestiges d'Olorgesailie prouvent que les êtres qui agirent à cet endroit n'étaient pas des hominidés simiesques, mais des hommes chasseurs. |
Sur une zone de 18m seulement de long sur 12 de large, les fouilles mirent à jour des os et des dents ayant appartenu à 50 babouins adultes et à 13 jeunes au moins. Ces ossements étaient associés avec plus d'une tonne d'outils de pierre et de galets. Il était évident qu'un massacre important avait été perpétré sur ce site et que le plan de chasse avait été établi d'avance, puisque les pierres et les outils provenaient d'une autre région située à quelque 35km de distance. On peut reconstituer la scène qui a dû se passer à Olorgesailie voici environ 500 000 ans.
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Il fait nuit. Caché dans l'obscurité, un groupe de chasseurs se précipite sur une bande de babouins endormis dans les arbres. Cernant le bosquet, les hommes lancent sur leurs victimes endormies les cailloux et galets qu'ils ont apportés avec eux. Mais les babouins sont des créatures aux os puissants, extrêmement robustes; les mâles atteignent la taille d'un homme. Les singes descendent des branches et combattent férocement en montrant leurs canines aiguës, mais les dents ne peuvent résister aux armes des hommes et, lorsque les babouins tentent de fuir, ils sont assommés avec des gourdins, ou lapidés. |
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Les vainqueurs commencent alors à découper le corps de leurs victimes avec des tranchoirs de pierre et des bifaces; enfin, dans la lumière du petit matin, le festin célèbre la victoire.
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S'accrochant à la crinière d'un cheval, un chasseur erectus frappe sa proie d'un coup de poignard fait d'un fragment d'os. |
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Le témoignage le plus dramatique que nous possédons des prouesses de chasseur accomplies par Homo erectus - et qui constitue une des meilleures sources d'informations sur le comportement général des premiers hommes - se trouvent sur les pentes des collines qui surplombent un ruisseau dans les monts Guadarrama en Espagne, et qui sont situées à 150km au nord-est de Madrid. Il s'agit des collines de Torralba et Ambrona, qui encadrent la vallée. C'est là que, conservée dans les couches de sédiments, gît la preuve que, voici 400 000 ans environ, les chasseurs Homo erectus surent apparemment massacrer systématiquement un grand nombre d'éléphants au cours de plusieurs saisons consécutives. Ici encore, en étudiant la répartition des ossements sur le site et d'autres preuves annexes, nous pouvons reconstituer ce qui s'est passé et même faire revivre les détails d'une véritable chasse.
De petits groupes de chasseurs sont postés sur les deux flancs d'un plateau calcaire qui domine une large vallée herbeuse. Plus loin, s'ouvrent plusieurs fondrières et marais, qui constitueront les éléments clés de la tactique de chasse. La température est froide et humide et les hommes frissonnent, emmitouflés dans les peaux de bêtes jetées sur leurs épaules. Les chasseurs sont restés couchés toute la matinée sur le sol gelé, guettant l'arrivée des éléphants.
Les hommes sont équipés de lances de bois à pointe durcie par le feu, de poignards en os et d'armes en pierre. Ces moyens semblent bien faibles, mais les chasseurs disposent d'une autre arme qu'ils savent très redoutée des éléphants : le feu. Dans chaque groupe, un homme a été désigné pour porter une torche à combustion lente que l'on utilisera lorsque la chasse commencera.
Mais voici que les guetteurs signalent l'arrivée des premiers éléphants qui, venant du nord, se déplacent lentement dans la vallée. Les chasseurs se couchent sur le sol et attendent que les animaux de tête, trois mâles, deux femelles et deux jeunes, arrivent à leur hauteur. Alors, à un signal, tous les hommes se dressent et descendent les pentes derrière les pachydermes. Le vent souffle en direction des marécages; les chasseurs allument un long demi-cercle de feu dans l'herbe sèche et avancent lentement tandis que les flammes rattrapent les animaux pris au piège. Soudain le sol tremble sous les pieds des hommes : ce sont les éléphants qui, fuyant l'incendie, galopent vers les fondrières. Trois animaux adultes et deux jeunes s'enlisent dans la boue, et les hommes hurlant s'approchent derrière le rideau de feu pour les achever.
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Maintenant va commencer le massacre des éléphants enlisés. Certains chasseurs piquent les pachydermes à coups de lances, d'autres les frappent à la tête avec des pierres. Les éléphants s'effondrent dans la boue, les hommes les assaillent sauvagement. Ces montagnes de chaire et d'os vont leur procurer assez de viande pour que toutes les bandes mangent à satiété. Une telle reconstitution, bien que partiellement hypothétique, s'inspire des preuves découvertes sur le site où se déroula la chasse. |
LA COLLECTE
Récolter des fruits sauvages, ramasser des coquillages sur la côte, disputer quelques quartiers de viande aux hyènes et aux oiseaux rapaces, autant de ressources pour les premiers humains.
Encore très peu nombreux, dans un environnement grouillant de vie végétale et animale, ils ne mourraient pas de faim.
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Les collectes les plus primitives concernent les fruits et les baies, les rhizomes et les racines. Ici, des femmes observent les petits rongeurs qui courent autour d'elles. Ces lagomys raffolent aussi de racines et accumulent dans leurs terriers des réserves pour la mauvaise saison. Avec un bout de bois appointé, le bâton à fouir, premier outil à "travailler" la terre, les Homo erectus éventrent les terriers et ramassent les racines rassemblées par les rongeurs. |
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