MODE DE VIE AU  MÉSOLITHIQUE ET AU NÉOLITHIQUE

LA CHASSE...

     Lors du "grand virage" de -10 000 ans, le climat devient plus doux et plus humide. La toundra ne subsiste que dans le Grand Nord. Les résineux et les bouleaux de la taïga cèdent la place à une immense forêt d'arbres feuillus : l'orme, le chêne et le tilleul forment la très vaste "chênaie mixte", qui s'étend de la chaîne de l'Oural à l'océan Atlantique. Elle est riche de gros gibier, comme les cervidés et les sangliers. Les premiers colons, les Campigniens, exploitent le bois, par le feu et par la hache, défrichent les premières clairières pour y développer leurs cultures. Ils adoptent un outil nouveau, le tranchet, dont le biseau est propre au travail du bois; puis le pic et la hache qui sont taillés sur de gros rognons de silex.

     La forêt de feuillus accueille de nombreux animaux. Le cerf abonde; il remplace le renne, parti vers le Nord. Le sanglier pullule, il est traqué et abattu. Au filet, un trappeur capture un marcassin. S'il peut l'élever, il aura dans quelques mois un bon gibier.

     Le village de ces colons sera formé de cabanes rondes, au toit conique. Des barrières de rondins préserveront les cultures des dévastations des sangliers et serviront à garder le premier bétail : porc et boeuf des tourbières. Le chien, qui est domestiqué dès -17000 ans dans la grande forêt sibérienne, devient un compagnon précieux pour les chasses au cerf et au sanglier, pour aider à garder le troupeau et pour lutter contre les loups. 

UNE NOUVELLE ARME...

     Si l’on définit une machine comme un mécanisme qui reçoit une certaine forme d’énergie qu’il emmagasine et restitue pour produire un effet donné, il est incontestable que l’arc est la première que l’homme ait jamais réalisé. Son invention remonte peut-être à la fin du Paléolithique supérieur, mais c’est au Mésolithique qu’il se répand. Il constitue un progrès technique permettant d’accroître l’efficacité de la chasse, plus sans doute que le propulseur ne l’avait fait par rapport au lancer du bras seul.

     Les tourbières de l’Europe du nord ont livré d’une part des fragments d’arcs en bois d’orme à courbure unique et mesurant 1,50 à 1,60m, avec un renflement comme poignée; d’autre part des hampes de flèches en pin, soigneusement taillées dans une grosse branche et munies d’une encoche pour l’accrochage.