MODE DE VIE AU NÉOLITHIQUE

LE NOUVEL ÂGE

     

 

     Le Néolithique est la seconde grande période de la Préhistoire et le nouvel âge de la pierre. Le Néolithique marque un tournant décisif. De prédateur, collecteur et chasseur-pêcheur, l'homme devient désormais pasteur, forestier, défricheur, paysan, mineur, artisan spécialisé, commerçant, constructeur. Concentré dans des villages qui annonceront bientôt les villes, il devient sédentaire et s'attache à sa terre.

     Jusqu'au VIIIème millénaire avant J.C. au Proche-Orient et jusqu'au VIème millénaire en Europe, l'homme vivait en prédateur de chasse, de pêche et de cueillette. Au néolithique, son monde de vie change profondément : il produit lui-même sa nourriture en élevant du bétail et en cultivant la terre. L'orge, plusieurs espèces de blé et d'autres plantes poussent naturellement au Proche et au Moyen-Orient, dans le "croissant fertile", zone qui s'étend de la côte méditerranéenne au nord de la Syrie et à la Mésopotamie. On y trouve, à l'état sauvage, des moutons, des chèvres, des porcs et des bœufs. Les premiers animaux et plantes domestiques apparues en Europe viennent de ces régions à travers le bassin méditerranéen ou en suivant le cours du Danube. Grâce à l'élevage, les hommes s'assurent une réserve alimentaire toujours disponible; les animaux leur fournissent, en plus de la viande, du lait, du cuir et de la laine.

Au Proche-Orient, la fondation des premiers villages précède l'élevage et l'agriculture ; en Europe, ils sont souvent simultanés. Mais ces trois aspects sont étroitement liés : le berger et surtout le paysan ont besoin d'un habitat fixe.

Parallèlement à cette nouvelle organisation socio-économique, le néolithique se caractérise par un certain nombre d'innovations techniques majeures : la céramique, le polissage de la pierre ainsi que le tissage.

 

Un métier à tisser très simple. L'archéologue ne retrouve que les poids des galets à double encoche, ou des poids en terre cuite qui tendent les fils verticaux formant la chaîne.

 

     La céramique permet de stocker des réserves et de cuire facilement des aliments liquides.

 

Séchés au soleil, les vases sont fragiles. Pour qu'ils acquièrent une certaine résistance, ils doivent être cuits dans un feu de bois. Avec précaution, on les entasse en alternance avec des branches. On recouvre de terre, puis on met le feu. Beaucoup de vases se briseront.

  

     Le polissage offre la possibilité d'employer des roches moins dures que le silex car les pierres affûtées ont une bien meilleure résistance aux chocs. Le tissage des fibres végétales et animale fait leur apparition.

LA VIE AU VILLAGE

Au Vème millénaire avant notre ère, de la mer Noire à la mer du Nord, les premiers paysans construisent de longues maisons rectangulaires en bois et en torchis, de 10 à 40m de long sur 6 à 8m de large. Ils vivent dans des villages de cinq à six maisons chacun, abritant une centaine de personnes. Outils, vaisselle et vêtements, le groupe familial fabrique presque tout ce dont il a besoin.

 

Armée du plantoir, la paysanne met des graines en terre. Au loin, les hommes égalisent le sol en traînant un lourd bâti de bois, surchargé de branches. A gauche, une jeune femme malaxe l'argile qui servira à fabriquer des vases

     Au IVème millénaire, certains villages sont retranchés sur des éperons rocheux, protégés par un fossé ou un rempart. En plaine ou sur des hauteurs, on trouve des constructions assez énigmatiques : ce sont des enceintes, à plusieurs entrées, constituées d'un fossé doublé d'une palissade. Elles ont pu servir d'habitat, de lieu de pèlerinage ou de place commerciale

.LES PREMIERES MINES

Le mineur maîtrise la troisième dimension : la profondeur. Le pasteur méditerranéen, le paysan danubien n'utilisent pas beaucoup de silex, car les galets de rivière sont en nombre suffisant pour façonner des haches ou des herminettes.

En revanche, les forestiers campigniens consomment beaucoup de silex pour leurs tranchets, leurs haches, leurs houes, qui sont toujours fabriquées avec ce matériau. Le dur travail du bois exige de gros outils. Aussi, la collecte de rognons à la surface du sol ne suffit pas. L'homme se met donc à creuser des fosses pour atteindre les profondeurs de lits de silex, régulièrement alignés dans le couches crayeuses. A Spiennes, dans le Hainaut, on ouvre d'abord des galerie horizontales, à partir des versants de la vallée où les bancs de silex affleurent. Mais lorsqu'elles sont trop profondes, ces galeries deviennent dangereuses ; les mineurs ont alors l'idée de creuser des puits, à partir du plateau, pour retrouver les bancs de silex.

 

 

Voici un excellent échantillon de silex. Sur le flanc de la vallée, en Hainaut, les bancs de silex affleurent. Les mineurs creusent des galeries horizontales.

 

     Les première mines de silex souterraines furent creusées dans la craie  grâce à des pics en bois de cerf ou en silex. On a trouvé jusqu'à 1500 pics dans un seul puits!

 

Dans le Norfolk (Sud-est de l'Angleterre), les puits sont larges : 5m de diamètre à Grime's Graves. 

On utilise alors de longues échelles ou un tronc de chêne encoché. Un mineur dérape. C'est un des premiers accidents du travail.

     Le puits pouvaient atteindre 20m de profondeur. Les mineurs se glissaient dans des galeries rayonnantes pour détacher de gros rognons de silex. Cette exploitation semi-industrielle engendrait des circuits d'exportation parfois très vastes.

LA MAGIE... LES CROYANCES...

 

Les sépultures de pierres géantes qui se dressent le long des plages de l'Atlantique fascinent les hommes depuis des siècles. 

Pourquoi les a-t-on construites ? Quel rôle jouaient-elles dans la société ? N'étaient-elles que les ultimes lieux de repos des morts, ou symbolisaient-elles la vie à naître ? Peut-on les considérer comme des lieux d'habitation des anciens disparus ? Quel était le rôle des observations astronomiques dans la construction des monuments et au cours de cérémonies qui s'y déroulaient ?

Voir   "Les Mégalithes"