MODE DE VIE AU PALEOLITHIQUE MOYEN

LA CHASSE

Un chasseur Néandertalien s'agenouille pour évaluer la taille d'un ours des cavernes d'après les empreintes laissées sur un sol sableux.

 

     Les Néandertaliens vivaient dans des contrées peu hospitalières, au climat rigoureux, comme les toundras balayées par les vents du Nord de l'Europe. Devant se contenter d'une alimentation essentiellement carnée dès que la rigueur des hivers et l'épaisseur de la neige accumulée raréfiaient les plantes et les baies comestibles, les Néandertaliens procédèrent de manière moins hasardeuse que leurs prédécesseurs Homo errectus et optèrent pour une chasse collective organisée : autant que l'on puisse en juger d'après les restes de repas disséminés autour des foyers dans les zones de chasse, l'homme de Neandertal connaissait parfaitement les comportement des animaux et organisait ses battues de chasse en conséquence.

     Bien entendu, il préférait le gros gibier qui était pour lui une garantie de nourriture substantielle. Le monde glacial où il vivait, selon les critères d'évaluation actuels, un paradis pour les chasseurs de gros gibiers.  Parmi les os fossiles associés aux restes carbonisés de matériaux combustibles, on récolta des ossements de rennes, de chevaux, de bouquetins, d'éléphants, d'élans, d'ours, de bisons et d'espèces animales désormais éteintes  telles que le rhinocéros et le mammouth laineux, l'aurochs (espèce de boeuf sauvage) - qui, pour la plupart, étaient plus gros et sans doute plus agressifs que ne le sont leurs descendants actuels.

TECHNIQUES DE CHASSE

     Armé d'une massue, ce Néandertalien poursuit des lièvres avec lesquels il fera, en cet âge de pierre, l'équivalent d'une collation. On le voit ici s'apprêter à lancer violemment son arme sur un animal qui s'enfuit précipitamment, afin de l'étourdir. Aussitôt après, il se précipitera sur lui pour l'étrangler. Bien qu'une mince couche de neige tapisse la toundra, les herbes rases ont conservé leur verdure du printemps dernier et les lièvres ont déjà leur pelage estival de couleur brunâtre. En dépit de sa petitesse, ce gibier - généralement traqué par les femmes et les enfants - enrichissait régulièrement le régime de l'homme de Néandertal.

 

    De malheureux chevaux, attirés au bord d'un précipice par des chasseurs brandissant des torches, courent à leur perte. Pour qu'une telle chasse soit couronnée de succès, il fallait que les chasseurs liguent leurs efforts, certains se chargeant de guider les chevaux -d'une taille inférieure aux chevaux actuels- vers la falaise, d'autres se portant en contrebas pour achever, à coup de massues et de lances, ceux qui s'y seraient laissés entraîner.  

 

     Faisant brusquement irruption à découvert, un chasseur lance violemment son javelot sur un renne. Pour tuer ces animaux vifs, il devait les embusquer, les traquer dans quelque fondrière ou, comme le feraient les loups, attendre que l'un des membres du troupeau manifeste des signes de faiblesse; les chasseurs l'isolaient alors du troupeau et le prenaient en chasse jusqu'à l'épuisement de l'animal.

 

     Se retournant contre ses assaillants, un rhinocéros laineux essaie de repousser une bande de chasseurs néandertaliens. En le lapidant et en criant, les hommes ont attiré l'animal jusqu'aux rives rocailleuses d'un fleuve peu profond dans l'intention de l'y embourber, de l'y traquer, puis de se rapprocher de lui pour l'abattre de leurs lances en bois.  

Les Néandertaliens devaient également utiliser des pièges pour

    

 Avec des omoplates de bison en guise de pelles, les Néandertaliens creusent une grande fosse. La terre est encore gelée sur un mètre. Au fond, le sol plus meuble permet d'enfoncer quelques énormes pieux appointés. Le piège est prêt

     Ils se servaient également de bolas. Il s'agit de pierres attachées à des lanières de cuir. Cette arme s'enroule autour des pattes des chevaux pour les faire chuter.