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Le Solutréen

     Le Solutréen se situe entre 20 000 et 15 000 ans et se caractérise par l'apogée de la taille du silex : pointes à cran, grandes pointes bifaces foliacées et même pointes de flèches à pédoncule et barbelures que le profane prendrait volontiers pour néolithiques.

 

     Le progrès de l'industrie des outils consiste à tirer de la même quantité de silex la plus importante surface tranchante. Même les éclats sont systématiquement utilisés. Les techniques de taille deviennent de plus en plus raffinés et les Solutréens poussent plus loin la recherche et la perfection en excellant dans l'art de la retouche. Au sommet de cette technologie apparaît la très efficace et très belle "feuille de laurier."

 

FEUILLE DE LAURIER

     L'efficacité des lames brutes est évidentes, mais les hommes du Solutréen l'améliorent encore par la retouche. Il s'agit alors d'enlever, par pression, les minuscules éclats restés sur les bords de la lame. Le percuteur, pour ce travail de précision, est une petite pièce de bois de cerf adaptée à la paume de la main. On peut ainsi donner au bord le contour désiré et obtenir un tranchant micro-crénelé d'une efficacité redoutable : une sorte de couteau à dents avant la lettre.

 Pointes à cran et et délicate 'feuille de laurier'

 

Industrie osseuse...

C'est durant le Solutréen que fut inventée l'aiguille à chas perforé.

AIGUILLE

     Inventée par les solutréens, vers 16 000 avant notre ère, rarement si petite chose eut de plus grandes conséquences. Une esquille osseuse que des incisions de burin ont détaché du fut d'un os long; un travail minutieux de finition pour arrondir l'esquille et l'épointer; un polissage sur une petite roche de grès fin, que son utilisation répétée finira par garnir de petites rainures de polissoir; enfin, dernière étape, la perforation biconique à une extrémité.

 

     Les conséquences: la conservation des liquides dans des outres cousues, des liquides que l'on peut chauffer et porter à ébullition : le début de la vraie cuisine, des techniques rendues possibles comme la bouée, ou le kayak, donc les expéditions lointaines... Tout cela en partie grâce à l'aiguille.

     Ces aiguilles souvent très fines, furent plutôt utilisées comme passe-lien, comme passe-lacets pour entraîner le fil (nerf traité). La perforation des peaux s'effectuait au préalable, à l'aide de perçoirs de silex plus robustes et mieux adaptés.

SOLUTRE (Saône-et-Loire)

A la base d'un magnifique escarpement, se trouve le gisement de Solutré. Le gisement, propriété de l'État, est clôturé.

 

Un talent perdu...

     On pourrait croire que l'avancée technique obtenue par les solutréens allait connaître une rapide propagation géographique. La réalité telle que la révèlent les gisements archéologiques est différente. L'esprit et le savoir-faire solutréen sont restés cantonnés dans un grand quart sud-ouest de la France, en Espagne et au Portugal. Plus étonnant encore, ce savoir-faire particulier sera abandonné après 1 000 à 2 000 ans de période solutréenne.

     Le grand bond en arrière entre le Solutréen et la période qui lui succède reste une énigme.