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Divers habitats d'Europe PINCEVENT :(France) -----Cette aventure est l'illustration d'une situation fréquente en archéologie. Des activités nouvelles, construction de bâtiments, fondations d'autoroutes, ouverture de carrières, mise en labour... font découvrir des traces anciennes de l'activité humaine enfouies dans le sol et repérées par des professionnels attentifs ou des amateurs éclairés. Suivant le cas, ces témoignages et le site qui les contient sont irrémédiablement détruits, ou bien un arrangement se fait avec les responsables des chantiers : des études hâtives - on dit fouilles de sauvetage - sont menées dans un temps limité. Dans quelques cas enfin, le chantier peut être déplacé et parfois arrêté. Il en fut ainsi à Pincevent où les zones paléolithiques ont pu être préservées, après d'autres, plus récentes ont disparu.
Ce site a été visité et occupé pendant plusieurs siècles. Les premiers chasseurs du Paléolithique supérieur venaient y chasser le mammouth, tandis que les derniers, les Magdaléniens, y avaient établi un campement et poursuivaient le renne. C'est ce campement qui a fait l'objet d'une fouille approfondie. La première phase a consisté à mettre à nu, par un découpage fin et progressif, le sol archéologique où vinrent s'installer quelques chasseurs il y a plusieurs millénaires. On comprend l'émotion du chercheur quand il peut trouver intacts les témoignages de la vie quotidienne d'une si lointaine humanité, comme l'exprime A. Leroi-Gourhan. Certes, les témoins qui parviennent jusqu'au préhistorien du XXe siècle sont incomplets, fragmentaires. Beaucoup parmi les plus périssable ont irrémédiablement disparu : bois, feuilles, peaux... Il ne reste rien du langage, des mentalités, de la forme des relations entre les hommes, l'utilisation même de certains éléments matériels est inconnue : à Pincevent, l'ocre imprègne le sol ; elle a été largement employée, mais à quelles fins : peintures corporelles, peinture d'habitations, des outils ? Nous ne pouvons le savoir. Seule, sa répartition inégale sur le sol permet de délimiter des zones de couchage qui, couvertes, sont restées intactes de colorant. Peu à peu, de la masse des informations, on tire un faisceau de présomptions logiques, de preuves qui permettent de décrire avec plus de précision ce que pouvait être une halte de nos lointains ancêtres chasseurs sur les bords d'une rivière.
Chaque famille taille quelques longues perches qu'on dresse et lie en cône : on y tend les peaux pour former une tente de 3 m de diamètre. Point n'est besoin ici de placer des pierres au bas des parois comme on le fait parfois, un bourrelet de limon pris sur les berges suffira à calfeutrer.
A côté de chaque foyer, on peut placer un gros bloc qui servira de siège. Là sera le pôle de l'activité domestique : on y taillera ou retouchera les outils, décharnera le gibier abattu, brisera les os pour en extraire la moelle. Tous les débris se répandent sur le sol environnant et peu à peu les allées et venues les écarteront, délimitant les zones de passage principales. Le feu sert à de multiples usages : on chauffe le silex qu'on débite mieux ainsi ; on expose les sagaies à la chaleur pour redresser la courbure du bois de renne dans lequel elles sont taillées ; chaque jour on chauffe des pierres : peut-être servent-elles ainsi à réchauffer un liquide contenu dans un récipient de peau. On entretien une combustion économique en choisissant des bois qui brûlent lentement et laissent peu de cendres ; les débris d'os même sont brûlés.
Dans les tentes, on installe des litières de branchages ou de peaux ; on y serre les objets précieux ; de l'ocre qui se répand sur le sol et dessine le contour de la zone de couchage. Au cours du séjour et suivant la nécessité du travail domestique, on allume à l'écart de petits foyers supplémentaires et très simples, suffisants sans doute pour faire une courte cuisine, un boucanage ou un écorçage... Peut-être les jeunes adolescents exercent-ils là leurs premiers talents. La petite troupe est sur le territoire d'un beau troupeau de rennes. Il va suffire à assurer une belle saison de chasse et l'on abat sans distinction animaux âgés ou jeunes de l'année. A l'occasion, un rare cheval est tué. Mais, au cours du séjour, on signale la présence d'un loup. C'est un concurrent dangereux et sa fourrure est appréciée ; il est abattu. La chasse est fructueuse et chacun avale 850 g de viande quotidiennement. On ne laisse rien perdre des carcasses dont on fracture tous les os longs pour en extraire la moelle tandis que les os plats servent de pelles. Les jours se partagent entre la chasse, les activités domestiques et l'exploration du voisinage au cours de laquelle on a ramassé un morceau de pyrite et un fragment corallien. Ils vont rejoindre les objets curieux que l'on collectionne. Mais la saison froide arrive. Peut-être les rennes se déplacent-ils ? Il faut abandonner l'endroit où l'on reviendra l'année prochaine. On ne se charge pas et l'on abandonne sur place tout ce qui n'est pas indispensable et peut être aisément remplacé. Tous les déchets d'une saison de chasse jonchent le sol, restes non utilisés, outils. On oublie, peut-être volontairement, une baguette en bois de renne dont on avait commencé à redresser la courbure pour en faire une sagaie ; on laisse les objets insolites collectés précédemment. Peu à peu, le vent efface les traces les plus légères ; les rongeurs viennent se régaler de quelques reliefs ; le bois commence à pourrir sur place. Au printemps, la lente montée de la rivière va recouvrir les derniers vestiges d'un fin limon, masquant à jamais le sol abandonné d'un campement d'été de chasseurs magdaléniens, à moins que, 12000 ans plus tard, quelque préhistorien... HABITAT D'HIVER A GONNERSDORF (Allemagne)
HUTTES D'ARGILE ET DE CALCAIRE...(en Moldavie)
ABRI DES CHASSEURS MAGDALÉNIENS DE LA TAÏGA...
EN UKRAINE... -----En Ukraine, de nombreuses huttes d'habitation du Paléolithique supérieur sont fabriquées à l'aide d'ossements de mammouths et de rennes. Ces habitations sont de forme circulaire et leurs dimensions sont variables.
A Iudinovo, site Ukrainien, on a mis à jour une habitation circulaire de 5,6 m de diamètre, qui présentait des paires de crânes de mammouths sur son pourtour à une certaine distance les uns des autres. Un tiers du cercle extérieur, en outre, était limité par des mandibules et des os longs de mammouths. La position des os recueillis à l'intérieur de l'habitation indique que la surface était divisée en deux parties, l'une plus grande avec les restes d'un foyer, et l'autre plus petite sans foyer. Autour de l'habitation étaient disposées des fosses à provisions. En dessous de ce niveau, un autre plus ancien contenait également les restes d'une habitation circulaire détruite en partie par la construction de la hutte supérieure.
D'autres formes d'habitations ont également été découvertes en Ukraine et en Sibérie, elles étaient en partie enterrées et avaient des formes diverses. Certaines étaient allongées, divisées en plusieurs parties, et chaque partie comportait plusieurs foyers. Les premières constructions de ce type datent du Moustérien, mais on retrouve également ce type de construction au Paléolithique supérieur.
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