Plus de 900 termes ou expressions dans l'abécédaire

Un guide des principaux sites des régions de France

Mes sites préférés, mes sources, mon e-mail etc...

 

 

Vers page d'accueil

 

 

    

 

 

 

L'habitat au Paléolithique inférieur...

Introduction

L'un des mystères de l'existence des Australopithèques a trait à la manière dont ceux-ci passaient la nuit. Au début de leur accoutumance à la vie au sol, ces créatures se cantonnaient peut-être à la lisière des forêts. Ils grimpaient probablement sur les arbres dont les branches pouvaient supporter leur poids.

Plus tard, après quelques millions d'années d'expérience de la vie au sol au cours desquelles leur cerveau s'était considérablement développé et qu'un rudiment de culture apparaissait, les Australopithèques entreprirent sans aucun doute de se construire des abris grossiers dans les buissons épineux.

L'utilisation du feu fut un moyen supplémentaire de dominer la nature, mais elle a été relativement tardive. Outre la fabrication d'outils, le choix et l'aménagement d'un abri ont été aussi les premiers comportements qui ont permis à l'homme de s'affranchir des contraintes naturelles. Les archanthropiens ont soit occupé des abris naturels, soit édifié des protections précaires dont nous pouvons parfois retrouver les traces.

Très tôt, l'homme a su tirer partie du refuge offert par les cavernes dont il occupe généralement le porche d'entrée, où pénètre la lumière du jour. La zone profonde et obscure n'est que très rarement utilisée et sa fréquentation est souvent liée, au Paléolithique supérieur du moins, à des activités artistiques et spirituelles.

 

Abri-sous-roche

Le plus ancien site d'occupation en grotte connu et bien daté se trouve dans celle du Vallonnet. Là, il y a plus de 900 000 ans, l'homme s'est installé. Un couloir de quelques mètres donne accès à une petite salle dans laquelle des galets aménagés et des éclats ont été abandonnés tandis que les ossements d'animaux abattus étaient repoussés contre les parois. La proportion élevée d'animaux âgés fait supposer à Henry de Lumley, qui a fouillé la grotte, que son occupant se comportait plutôt comme un charognard, traquant les bêtes les plus faibles, ramassant même les bêtes mortes : on a trouvé un os de baleine dans les débris.

 

HABITAT ACHEULEEN

  

      Mais plus tard, l'homme ne se contente pas d'occuper les abris tels qu'ils se présentent ; il les rend plus confortables par des aménagements élaborés, comme ce dallage installé dans la grotte d'Aldène (Hérault) entre 300000 et 350000 ans et qui est le premier exemple de revêtement de sol.

 

     En utilisant les grottes pour s'abriter, l'homme doit affronter d'autres mammifères -tels que l'ours, l'hyène ou le lion des cavernes - ce qui l'incite souvent à préférer les abris-sous-roche, généralement moins fréquentés par ces carnivores. 

     Un abri-sous-roche est constitué par un surplomb rocheux largement ouvert sur l'extérieur. Moins abrité du vent qu'une entrée de grotte, l'abri-sous-roche, par contre, lorsqu'il est orienté au sud, reçoit par rayonnement solaire beaucoup plus de chaleur.

     

        Les plus anciens habitats sous abri, antérieurs à 100000 ans ne montrent pas une réelle organisation volontaire de l'espace. Il s'agit bien plus d'une utilisation intelligente de la disposition des lieux tenant compte, en particulier, des facilités de circulation et des courants d'air. Cette attitude n'a fait place à un véritable aménagement que bien plus tard, pendant le Paléolithique supérieur, où l'habitat est composé de zones d'activités variées et spécifiques, utilisées de façon répétitive pour y travailler le silex, dépecer les animaux tués, faire du feu, rejeter les déchets, etc.   

      Ces occupations répétées des habitats sous abri, selon un rythme qui pouvait être saisonnier -pour la chasse ou la pêche des animaux migrateurs comme le renne ou le saumon - ont provoqué parfois de très importantes accumulations de vestiges auxquels sont venus s'ajouter des fragments de roche tombant de la paroi sous l'effet du gel, de la terre apportée par le ruissellement des pluies, le tout contribuant au comblement de l'abri.

     Pour des raisons géologiques, certaines régions n'offrent pas ou très peu de refuges naturels telles les grandes plaines du nord de l'Europe. Les chasseurs paléolithiques ont donc été contraints de construire leur habitat. Ils emploient différentes techniques. Dans la grande plaine russe, vers 25000 ans avant J.C., ils utilisent des ossements de mammouth et de la terre pour édifier de véritables cabanes semi-enterrées. Dans le nord de l'Europe -Bassin Parisien, Allemagne, Pologne -, les Magdaléniens, vers 10000-12000 ans, construisent des tentes couvertes de peaux. Ces habitats de plein air témoignent d'une véritable organisation de l'espace domestique autour d'un foyer comportant des aires d'activités : dépeçage, cuisine, fabrication d'outils en silex et en os, zones de repos, de circulation, d'accumulation de déchets. 

     De tels habitats pouvaient constituer des campement regroupant plusieurs tentes. C'est une hypothèse que l'on peut envisager pour des sites comme Pincevent, Etiolles, Verberie ou Marsangis, dans le Bassin Parisien. 

     Les plus vieux restes d'une hutte de l'Acheuléen ont été découverts par de Lumley près de Nice. Le site nommé Terra Amata est situé dans la proximité immédiate de la grotte du Lazaret où se trouvait également l'un des habitats les plus anciens du Paléolithique. En 1957, on découvrit les restes d'une hutte de 3,5m sur 11m, en fouillant le niveau acheuléen. Elle était placée près de la paroi, tout près de l'ouverture de la grotte et put être identifiée grâce à l'amas d'outils lithiques et de restes d'os qu'on trouve d'ailleurs à peu près sans exception dans des stations paléolithiques. Mis à part le plan horizontal de l'habitation, les trouvailles se trouvaient très clairsemées. La hutte était entourée de pierres qui, sans aucun doute, n'ont pu tomber du plafond de la grotte. Le contexte de la fouille permet au contraire de conclure de façon irréfutable que ces pierres ont été apportées de l'extérieur pour fournir un appui contre les parois de la grotte. Il est vrai que la construction s'appuyait sur la paroi de la grotte sans y adhérer, car la paroi était bordée d'une mince bande de terre en fait vide de trouvailles. Cette constatation permet de dire que l'habitation était séparée par la paroi naturelle par une petit espace destiné à la protéger de l'humidité. Aucun trou de poteau, ni aucun fragment de structures n'ont été découverts. Mais on distingue sept emplacements espacés de 80 à 120 cm, marqués par quelques pierres groupées de manière à servir de socle à un poteau en bois. Si de ces emplacements les poteaux avaient été simplement appuyés contre la paroi, la demeure eût été trop basse de plafond. De plus, la disposition des pierres indique que les poteaux avaient probablement été placés à la verticale pour supporter des poutres horizontales dont les extrémités reposaient sur une mince corniche de la paroi pour garantir ainsi la solidité de la construction. Ces perches verticales étaient peut-être fourchues à leur sommet ; dans ce cas, les poutres horizontales auraient pu reposer sur les fourches. Les pierres qui entouraient la hutte formaient une bordure interrompue à l'endroit où se trouvait probablement l'entrée. Cette supposition est confirmée par la présence d'outils lithiques et d'os qui ne sortent de la surface habitable de la hutte qu'à un seul endroit. Leur répartition prouve que l'entrée était dirigée vers l'intérieur de la grotte. L'entrée n'était guère large - environ 80 cm seulement - Le toit était probablement couvert de peaux de bêtes. C'était un matériau d'emploi pratique, qui protégeait du froid des courants d'air, et également de l'eau qui dégouttait des parois de la grotte.

Terra Amata, un campement de chasseurs d'éléphants à Nice, il y a 380 000 ans...