Les mégalithes

                       Les Dolmens

 

Dolmen en forme de portique de Poulnabrone à l'Ouest de l'Irlande. Cette tombe date de 3000 ans avant J.C.

Les Dolmens : des tombeaux géants

Les dolmens sont des monuments funéraires. Des ossements ainsi que des offrandes, notamment des céramiques et des objets en pierre, y ont été découverts.

     On ignore souvent que, primitivement, les dolmens étaient recouverts. L'appareillage de gros blocs nus qu'on peu apercevoir aujourd'hui s'élevant au-dessus du sol, constituait en fait les parois et le toit de tout l'espace intérieur.

     La chambre funéraire, qui peut être circulaire ou prendre des formes diverses, et le couloir d'accès constituent le cœur de l'édifice. Les dolmens sont enchâssés dans un amoncellement de pierraille - le 'cairn' - ou de terre 'le tumulus'.

Une forme ancienne de dolmen à couloir, recouvert d'un tumulus. Une forme plus récente, une allée couverte fermée par une dalle-hublot. Un dolmen simple, plus récent.

 

La colline sur laquelle s'élève cette chapelle est en réalité une butte artificielle néolithique formée d'une carapace de glaise recouvrant un cairn de pierrailles qui abrite un caveau. (Tumulus Saint-Michel à Carnac).

     Les dolmens que les tumulus les plus anciens recouvrent sont dits à couloir, et comportent une chambre sépulcrale simple précédée d'un long accès. Mais à partir de cette forme, d'autres vont se diversifier ; on peut rencontrer des dolmens à chambre compartimentée comme celui restauré, de Kervelen (La Forêt-Fouesnant) ; la chambre à laquelle on accède par le couloir est divisée en quatre cellules secondaires par des dalles de refend. D'autres encore sont transeptés tel celui de Cruguellic où, après un couloir de 3m, on entre dans un système de chambres disposées en croix de Lorraine, forme qu'on retrouve dans des dolmens espagnols ou anglais. Certains peuvent être coudés, en équerre ou à angle plus ouvert. Le beau monument des Pierres-Plates, à Locmariaquer, de 28m de long, célèbre aussi pour ses gravures, en est un bel exemple.

La lourde dalle est soulevée par des leviers. Un compagnon courageux et adroit place un bloc de calage pour la maintenir à une certaine hauteur et faciliter ainsi son déplacement. Il a choisi un bloc de basalte, car une pierre calcaire s'écraserait.

Les monuments à portique :

Un cas particulier est représenté par ceux qu'on appelle dolmens angevins à portique : leur chambre quadrangulaire et précédée d'une galerie moins haute et moins large, coiffée d'une dalle unique. Ils ont parfois des dimensions importantes. Celui de Bagneux, près de Saumur, bien qu'endommagé, montre encore une chambre trapézoïdale de 17m de long sur 5 de large environ ; une de ses dalles est impressionnante puisqu'elle mesure 7,5m de long sur 7 de large et 50cm d'épaisseur et que son poids doit dépasser 50 tonnes.

Il est facile d'imaginer cette cérémonie funèbre dans la longue galerie couverte de Mané Rehtual, à Locmariaquer en Bretagne.  Ces monuments mégalithiques sont des sépultures destinées à la fois aux chefs et à leur famille ou à leur entourage : elles sont donc collectives. 

     On rattache à ce type de monument à portique le très beau dolmen de la Roche aux Fées à Essé (Ille-et-Vilaine) ; 41 pierres de schiste rouge dont certaines dépassent 40 tonnes, et qui ont été extraites à 5 kilomètres de là, le composent. Le portique est un linteau de 3m de portée sur deux pieddroits en avant d'un vestibule de 1,50m de hauteur, ce qui oblige le visiteur à se baisser avant d'accéder à une chambre de 15m de long sur 4m de large et 2m sous plafond.

Le dolmen géant de Bagneux, près de Saumur, dont une dalle de couverture pèse  50 tonnes.

Les dolmens à couloir :

Mais les formes et les dimensions vont varier suivant les régions avec l'extension du mégalithisme. Du domaine atlantique, il s'étend largement et laisse un grand nombre de monuments, sauf dans le nord et l'est de la France où ils sont rares, tandis que le sud-est en offre une grande densité. Les dolmens présentent des formes et des dimensions différentes suivant les époques et les régions. Ils gardent leur fonction sépulcrale jusqu'à la fin du IIème millénaire à partir duquel les morts reçoivent d'autres formes d'attention.

Ainsi, dans le Languedoc, on rencontre de très nombreux dolmens à couloir qui datent du IIIème millénaire. Leur forme est due davantage à un phénomène de convergence qu'à l'influence des tombes armoricaines plus anciennes. Ils atteignent aussi des dimensions respectables, comme le dolmen des Fades, à Pépieux, dans l'Aude, qui s'allonge sur 25m et présente une disposition fréquente, un compartiment limité par des dalles échancrées créant une ouverture circulaire entre le couloir et la partie centrale. Dans ces monuments, la couverture peut être réalisée par des pierres sèches empilées en encorbellement. Les structures dolméniques se rencontrent également en Corse, en même temps que de nombreux menhirs et alignements.

L'un des trois dolmens à couloir du tertre de Mané Kérioned (Carnac).
Le dolmen à couloir des Pierres Plates à Locmariaquer en Bretagne. Beaucoup de pierres de ce monument, en particulier les orthostates, sont ornées de gravures.

 

Les allées couvertes :

C'est une des formes répandues, plus récentes que les dolmens à couloir. Ces monuments sont très étroits par rapport à leur longueur. Faits d'un grand nombre de montants (orthostates) supportant des dalles de dimensions moyennes ou faibles, ils sont compartimentés par des murets ou des dalles échancrées. Les allées couvertes typiques couvrent une région allant de la Bretagne à la Belgique, et bien qu'on ait aussi donné abusivement ce nom à plusieurs sépultures mégalithiques simplement allongées. Elles ont été très nombreuses dans le Bassin Parisien dans une culture du Néolithique final, la civilisation de Seine-Oise-Marne qui évolue pendant près de 1000 ans au cours du IIIème millénaire avant notre ère. Elles ont la particularité d'être enterrées dans une tranchée. Bien que plus des deux-tiers des mégalithes recensés dans la région aient disparu, on peut encore voir quelques-unes de ces sépultures caractéristiques.

La pierre Turquaise, dans la forêt de Carnelle, à Saint-Martin-du-Tertre, est la plus imposante de toutes avec ses 12m de long. La tranchée mesure 1,70m de hauteur et 2m de large, les dalles de couverture sont à la hauteur du sol. Ce monument faillit finir en pavés parisiens au siècle dernier après avoir successivement été vidé pour servir de chenil avant la Révolution, puis d'abri aux bûcherons de la forêt...

Les allées couvertes peuvent s'ouvrir par une dalle percée d'un étroit hublot circulaire qui se fermait par un bouchon de pierre s'ajustant exactement à l'orifice par une feuillure. On peut observer, parfois, une figure humaine énigmatique dont la Pierre Turquaise offre un exemple sur les piliers d'entrée de la chambre principale. Surnommée la Déesse des Morts, elle est schématisée par deux seins surmontés d'un ou deux rangs de collier