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De Habitat à.... Hypogée HABITAT L'utilisation du feu fut un moyen supplémentaire de dominer la nature, mais elle a été relativement tardive. Outre la fabrication d'outils, le choix et l'aménagement d'un abri ont été aussi les premiers comportements qui ont permis à l'homme de s'affranchir des contraintes naturelles. Les archanthropiens ont soit occupé des abris naturels, soit édifié des protections précaires dont nous pouvons parfois retrouver les traces. Très tôt, l'homme a su tirer partie du refuge offert par les cavernes dont il occupe généralement le porche d'entrée, où pénètre la lumière du jour. La zone profonde et obscure n'est que très rarement utilisée et sa fréquentation est souvent liée, au Paléolithique supérieur du moins, à des activités artistiques et spirituelles. Le plus ancien site d'occupation en grotte connu et bien daté se trouve dans celle du Vallonnet. Là, il y a plus de 900 000 ans, l'homme s'est installé. Un couloir de quelques mètres donne accès à une petite salle dans laquelle des galets aménagés et des éclats ont été abandonnés tandis que les ossements d'animaux abattus étaient repoussés contre les parois. La proportion élevée d'animaux âgés fait supposer à Henry de Lumley, qui a fouillé la grotte, que son occupant se comportait plutôt comme un charognard, traquant les bêtes les plus faibles, ramassant même les bêtes mortes : on a trouvé un os de baleine dans les débris. Mais plus tard, l'homme ne se contente pas d'occuper les abris tels qu'ils se présentent ; il les rend plus confortables par des aménagements élaborés, comme ce dallage installé dans la grotte d'Aldène (Hérault) entre 300000 et 350000 ans et qui est le premier exemple de revêtement de sol. En utilisant les grottes pour s'abriter, l'homme doit affronter d'autres mammifères -tels que l'ours, l'hyène ou le lion des cavernes - ce qui l'incite souvent à préférer les abris-sous-roche, généralement moins fréquentés par ces carnivores. Un abri-sous-roche est constitué par un surplomb rocheux largement ouvert sur l'extérieur. Moins abrité du vent qu'une entrée de grotte, l'abri-sous-roche, par contre, lorsqu'il est orienté au sud, reçoit par rayonnement solaire beaucoup plus de chaleur. Les plus anciens habitats sous abri, antérieurs à 100000 ans ne montrent pas une réelle organisation volontaire de l'espace. Il s'agit bien plus d'une utilisation intelligente de la disposition des lieux tenant compte, en particulier, des facilités de circulation et des courants d'air. Cette attitude n'a fait place à un véritable aménagement que bien plus tard, pendant le Paléolithique supérieur, où l'habitat est composé de zones d'activités variées et spécifiques, utilisées de façon répétitive pour y travailler le silex, dépecer les animaux tués, faire du feu, rejeter les déchets, etc. Ces occupations répétées des habitats sous abri, selon un rythme qui pouvait être saisonnier -pour la chasse ou la pêche des animaux migrateurs comme le renne ou le saumon - ont provoqué parfois de très importantes accumulations de vestiges auxquels sont venus s'ajouter des fragments de roche tombant de la paroi sous l'effet du gel, de la terre apportée par le ruissellement des pluies, le tout contribuant au comblement de l'abri. Pour des raisons géologiques, certaines régions n'offrent pas ou très peu de refuges naturels telles les grandes plaines du nord de l'Europe. Les chasseurs paléolithiques ont donc été contraints de construire leur habitat. Ils emploient différentes techniques. Dans la grande plaine russe, vers 25000 ans avant J.C., ils utilisent des ossements de mammouth et de la terre pour édifier de véritables cabanes semi-enterrées. Dans le nord de l'Europe -Bassin Parisien, Allemagne, Pologne -, les Magdaléniens, vers 10000-12000 ans, construisent des tentes couvertes de peaux. Ces habitats de plein air témoignent d'une véritable organisation de l'espace domestique autour d'un foyer comportant des aires d'activités : dépeçage, cuisine, fabrication d'outils en silex et en os, zones de repos, de circulation, d'accumulation de déchets. De tels habitats pouvaient constituer des campement regroupant plusieurs tentes. C'est une hypothèse que l'on peut envisager pour des sites comme Pincevent, Etiolles, Verberie ou Marsangis, dans le Bassin Parisien. HABITAT ACHEULEEN Les plus vieux restes d'une hutte de l'Acheuléen ont été découverts par de Lumley près de Nice. Le site nommé Terra Amata est situé dans la proximité immédiate de la grotte du Lazaret où se trouvait également l'un des habitats les plus anciens du Paléolithique. En 1957, on découvrit les restes d'une hutte de 3,5m sur 11m, en fouillant le niveau acheuléen. Elle était placée près de la paroi, tout près de l'ouverture de la grotte et put être identifiée grâce à l'amas d'outils lithiques et de restes d'os qu'on trouve d'ailleurs à peu près sans exception dans des stations paléolithiques. Mis à part le plan horizontal de l'habitation, les trouvailles se trouvaient très clairsemées. La hutte était entourée de pierres qui, sans aucun doute, n'ont pu tomber du plafond de la grotte. Le contexte de la fouille permet au contraire de conclure de façon irréfutable que ces pierres ont été apportées de l'extérieur pour fournir un appui contre les parois de la grotte. Il est vrai que la construction s'appuyait sur la paroi de la grotte sans y adhérer, car la paroi était bordée d'une mince bande de terre en fait vide de trouvailles. Cette constatation permet de dire que l'habitation était séparée par la paroi naturelle par une petit espace destiné à la protéger de l'humidité. Aucun trou de poteau, ni aucun fragment de structures n'ont été découverts. Mais on distingue sept emplacements espacés de 80 à 120 cm, marqués par quelques pierres groupées de manière à servir de socle à un poteau en bois. Si de ces emplacements les poteaux avaient été simplement appuyés contre la paroi, la demeure eût été trop basse de plafond. De plus, la disposition des pierres indique que les poteaux avaient probablement été placés à la verticale pour supporter des poutres horizontales dont les extrémités reposaient sur une mince corniche de la paroi pour garantir ainsi la solidité de la construction. Ces perches verticales étaient peut-être fourchues à leur sommet ; dans ce cas, les poutres horizontales auraient pu reposer sur les fourches. Les pierres qui entouraient la hutte formaient une bordure interrompue à l'endroit où se trouvait probablement l'entrée. Cette supposition est confirmée par la présence d'outils lithiques et d'os qui ne sortent de la surface habitable de la hutte qu'à un seul endroit. Leur répartition prouve que l'entrée était dirigée vers l'intérieur de la grotte. L'entrée n'était guère large - environ 80 cm seulement - Le toit était probablement couvert de peaux de bêtes. C'était un matériau d'emploi pratique, qui protégeait du froid des courants d'air, et également de l'eau qui dégouttait des parois de la grotte. HABITAT CHASSEEN Son nom vient de Chassey-le-Camp, en Saône-et-Loire. C'est là qu'au siècle dernier on découvrit un important habitat préhistorique occupant un étroit plateau rocheux. Situé en hauteur, entre deux vallées , le site offre des protections naturelles et a été occupé jusqu'à l'Age du Fer où il fut fortifié. Mais déjà au Néolithique, au cours des IVe et IIIe millénaires, les occupants contrôlaient une vaste aire de 600 sur 200 m environ, protégée par un retranchement creusé du côté accessible. Plusieurs implantations chasséennes montrent d'ailleurs l'existence d'ouvrages défensifs, variables suivant la nature du terrain occupé. Beaucoup sont situés sur les éperons que laisse le creusement de deux vallées confluentes. Naturellement protégées par des escarpements, les voies d'accès sont barrées par une protection artificielle. Ces éperons barrés sont répandus et quelquefois très vastes. HABITAT DANUBIEN Les Néolithiques ce courant culturel sont avant tout des agriculteurs. A proximité de leurs champs, ils installent de vastes maison de bois dont on retrouve le même modèle tout au long de leurs déplacements. Un bel exemple de hameau danubien a été découvert dans l'Aisne, à Cuiry-les-Chaudardes, et fait l'objet d'une étude approfondie. Elle amis en évidence l'emplacement des trous de poteaux des habitations, ce qui a permis d'en connaître les contours, les divisions internes et de tenter une reconstitution en grandeur nature de l'une d'entre elles. Chaque 'maison', bâtie sur un plan rectangulaire ou trapézoïdal, est de grandes dimensions puisque la plus vaste atteint 40 m de long sur 6 à 8 m de large. Le même plan se retrouve dans tous les sites de tradition danubienne. C'est le cas en Île-de-France, touchée plus tardivement par ce courant culturel, où l'on a mis pourtant en évidence des constructions semblables, comme à Marolles sur Seine (Seine-et-Marne) dans le site des Gours-aux-Lions. La structure découverte mesure 30 m de long sur 6 à 8 m de large. L'ossature des murs latéraux était faite de 38 poteaux de chaque côté, tandis que des rangées transversales de piliers intérieurs supportaient le tout en divisant l'espace d'habitation en sept cases. L'ensemble était orienté dans le sens est-ouest, offrant le moins de prise aux vents dominants. A côté de la maison se trouvaient plusieurs fosses qui auraient été creusées pour en extraire le matériau nécessaire au remplissage des murs. Celui-ci devait être fait, selon le procédé répandu du bousillage, à l'aide de terre et de chaume. Les fosses étaient remplies de débris : tessons de céramique, outils de pierre, ossements d'animaux. Ce bâtiment de si vaste dimension, et dont on peut voir une maquette au Musée de la Préhistoire de Nemours, est le prototype de ces corps de ferme contemporains qui alignent sous le même toit la succession des pièces nécessaires à la vie paysanne : habitation des hommes, des bêtes, remises et granges aux récoltes. HACHE Caractéristiques des civilisations forestières et paysannes du Néolithique, la hache annonce déjà les formes actuelles. Seul le matériau a changé. La hache de silex des civilisations campigniennes est ébauchée dans de puissantes stations minières comme SPIENNES en Hainaut, généralement terminées dans les villages d'utilisation. Parfois elle est polie par usure sur des polissoirs souvent groupés en ateliers. Les haches des civilisations pastorales et rurales méditerranéennes est en roches dures, débutées selon la technique de la 'ficelle'. Sous le terme de roches dures, on désigne plus commodément des roches diverses : dolérite - néphrite - serpentine..., fréquentes dans les régions occidentales comme la Bretagne. Les blocs obtenus sont piquetés, bouchardés, pour obtenir la forme voulue de la hache. Le tranchant seul est poli. Dans les époques tardives, le polissage peut s'étendre à toute la hache. HAMBOURGIEN Faciès culturel de la fin du Paléolithique supérieur, reconnu en Allemagne septentrionale et daté de 12 000 à 9 000 ans avant J.C. On a découvert des vestiges au site de Stellmoor sous une couche ahrensbourgienne. HAMECON La première technique de pêche fut la capture à la main. Les Magdaléniens inventèrent les premiers hameçons formés d'abord d'une simple esquille osseuse, droite, appointée à chaque extrémité, avec une légère incision au centre pour bien fixer le fil à la ligne. L'esquille courbée fut un progrès et ses deux branches inégales annonçaient déjà l'hameçon traditionnel. Celui-ci apparut au Néolithique. Taillé généralement dans un fragment de bois de cerf, il comporte une hampe longue, avec toujours une incision circulaire au sommet pour la fixation du fil et au-delà de la courbure, une branche plus petite. Les lacs Suisses livrent toute une gamme d'hameçons en bois de cerf, en défense de sanglier. HARDINXVEL (Hollande) La dame de Hardinxvel avait 45 ans, était femme de pêcheur et, comme les gens de son peuple, fut enterrée, recouverte d’ocre rouge, dans une simple fosse près de son village, il y a 7 000 ans. Le site, découvert lors de la construction d’une voie ferrée, aide à cerner l’extraordinaire brassage d’hommes et d’idées caractéristiques des dernières périodes préhistoriques. Au Mésolithique, de nouvelles communautés se développent. Elles se consacrent essentiellement à la récolte des coquillages et à la pêche, mais s’aventurent aussi loin des côtes, comme le laissent penser les restes d’animaux consommés qu’ont identifiés les paléozoologues. Ces communautés ont surtout laissé des traces au Danemark et sur les côtes bretonnes. Le site néerlandais implanté sur une dune fluviale, est donc un jalon bien venu. Outre la tombe de femme, associée à une fosse contenant deux chiens, les archéologues y ont retrouvés deux pagaies, des filets de pêche et quantité d’outils de bois, de silex et de bois de cervidé façonnés par ces amoureux de la mer. HAUA FTEAH (Libye) Cette vaste grotte, sur la côte libyenne d’Afrique du Nord, a été occupée à partir de -60 000 ans. C’était probablement un camp saisonnier, utilisé pour l’exploitation des ressources côtières durant la saison sèche d’été. HARPON Arme tout à la fois de chasse et de pêche, le harpon en bois de renne est l'arme typique du Magdalénien. Son fût cylindrique porte des barbelures qui accrochent ou déchirent la proie. Ce procédé constitue un raffinement qui accroît l'efficacité de l'arme. HERMINETTE L'herminette est emmanchée perpendiculairement au manche. Elle doit trancher soit la terre (agricole), soit le bois (forestier). Une épaisse lame de silex, une forme de bottier, une hache polie à tranchant dissymétrique, un tranchet peut s'emmancher pour servir d'herminette. Une gaine intermédiaire en bois de cerf est souvent utilisée. HIBERNATUS Homme trouvé congelé dans le Tyrol en 1991. Des analyses de mousses trouvées dans ses vêtements démontrent qu'il aurait été italien. Cette mousse devait lui servir de ... papier toilette. On a en effet, retrouvé les mêmes mousses dans des latrines néolithiques et romaines. HÎRSOVA (Roumanie) Macabre découverte sur le site néolithique de Hîrsova, un village de pêcheurs roumains : deux jeunes enfants présentant des malformations enterrés sous des murs de maison. La présence d’excréments au niveau du rectum de ces enfants, ainsi que leur position très contractée, pieds et poings liés, prouve que leur mort a été provoquée. L’équipe franco-roumaine qui fouille le site y voit une pratique liée aux rites précédant les constructions de maisons. Mais les ‘dépôts de fondations’ habituels au Néolithique sont des objets ou des aliments. Des sépultures similaires ont été trouvées sur d’autres sites de la culture de Gumelnita (Vème millénaire avant notre ère). Ces pratiques pourraient être liées à la religion ou à une volonté d’eugénisme. HOMINIDES Famille de primates comprenant deux genres (Homo et Australopithecus) et plusieurs espèces fossiles et une seule espèce actuelle (Homo sapiens). HOHLENSTEIN-STADEL (Allemagne) En Europe, la sculpture d’objets a commencé il y a plus de 30 000 ans. Une statuette en ivoire, provenant de la grotte de Hohlenstein-Stadel en Allemagne, représente un homme avec une tête de félin. Trouvée près de l’entrée d’une hutte, elle date de 32 000 ans. C’est l’une des plus anciennes statuettes du monde. HOMINIDES Famille de primates comprenant deux genres (Homo et Australopithecus) et plusieurs espèces fossiles et une seule espèce actuelle (Homo sapiens). HOMINISATION Ensemble des processus évolutifs qui ont conduit à l'acquisition des caractères propres à l'Homme. HOMINOÏDE Membre de la superfamille des Hominoidea regroupant les hommes, les grands singes et les gibbons actuels ainsi que leurs ancêtres. HOMO ERECTUS Espèce du genre Homo ayant succédé aux Australopithèques (Homo habilis) et comprenant différentes formes (Pithécanthropes, sinanthropes..) répandues en Afrique, Asie, Europe et précédant l'Homme de Neandertal. Une calotte crânienne fragmentée a été découverte prés de la ville de CEPRANO dans le Latium. Âgé d'environ 800 000 ans, cet homo erectus tardif serait le plus vieil européen connu. HOMO ERGASTER Il apparaît soudainement en Afrique de l'est vers 1,8 Ma. Sa face est plus gracile que celle des hommes plus anciens. Son cerveau est plus grand (800 cm3). Son squelette locomoteur ressemble à celui des hommes modernes, en plus robuste. Il est certainement le premier chasseur de gros gibier. HOMO HABILIS Nom attribué à un Hominidé du groupe des Australopithèques qui vivait en Afrique orientale entre 2,5 et 1 million d'années et qui serait à l'origine de la lignée aboutissant à l'homme actuel. HOMO RUDOLFENSIS Il fréquente l'Afrique de l'est depuis le nord du Kenya jusqu'au Malawi, au sud entre 2,4 et 2 Ma. C'est un homme de grande taille. Son cerveau est développé (750 cm3) mais conserve une face robuste. Il est bipède, mais son mode de locomotion reste mal connu. HOMO SAPIENS Espèce du genre Homo qui comprend une sous-espèce fossile Homo sapiens néandertalensis et une sous-espèce fossile et actuelle Homo sapiens sapiens. HOMME DE CRO-MAGNON Sur la commune des Eyzies, au pied de la falaise calcaire, un petit muret surmonté d'une grille protège un abri-sous-roche au lieudit Cro-Magnon. L'étymologie de ces mots varie ; ils signifieraient soit Grand Trou, soit Trou de Magnou, du nom déformé d'un ermite local ayant vécu là. C'est à cet endroit qu'en 1868 des terrassements furent entrepris pendant la construction de la ligne de chemin de fer Périgueux-Agen. En déblayant le pied de la falaise, les terrassiers dégagèrent cet abri qui contenait des outils de pierre, des traces de foyer et des squelettes humains. Ce nom de Cro-Magnon allait connaître une fortune inattendue puisqu'il fut donné non seulement aux hommes préhistoriques qui avaient vécu dans la région plusieurs millénaires auparavant, mais encore, par extension, à tous ceux de la même époque qui ont développé des techniques semblables et dont on retrouve les témoignages dans le monde entier. Les spécialistes attestèrent l'ancienneté de ce site, cependant postérieur à la période moustérienne, et dont l'étude des ossements fut confiée au célèbre médecin et anthropologiste Paul Broca. C'étaient les restes de cinq personnes : trois hommes, une femme et un fœtus. Le squelette le mieux conservé -dont on peut voir le crâne dans une vitrine du Musée de l'Homme à Paris- était celui d'un homme baptisé le vieillard de Cro-Magnon, quoique son âge n'ait été que d'environ 50 ans à sa mort. Ce sont ses restes qui ont servi et servent de référence pour la description des hommes fossiles de la même période préhistorique. Les squelettes ont, dans l'ensemble, les traits de l'homme moderne mais ils présentent des particularités spécifiques. Haute taille (supérieure à 1,75m), crâne de forte capacité, allongé d'avant en arrière et doté d'arcades sourcilières assez marquées. Le nez est étroit et le menton saillant, mais la face reste de faible hauteur, ce qui contraste avec le crâne très allongé. Un autre caractère frappant est la forme des orbites, larges mais peu hautes, en forme de rectangles. Tous les os des membres, aux empreintes musculaires fortes, indiquent une grande robustesse. HOMME DE GALILEE (Palestine) L’anglais Francis Turville-Petre découvrit en 1925, quatre grands fragments comprenant un crâne presque complet de Néandertalien, en un lieu appelé ‘La Grotte de la Bohémienne’ près de Tibériade.
Le crâne de l’Homme de Galilée était long et étroit, caractère
typique du Néandertalien classique. Mais il présentait aussi certaines
caractéristiques de l’homme moderne. Le front était beaucoup moins
fuyant que celui de l’homme de Neandertal, la boîte crânienne aussi
haute que celle de l’homo sapiens. HOMME DE JAVA Lorsque, en 1891, un jeune médecin hollandais, Eugène Dubois, découvrit à Java les premiers restes d'un être intermédiaire, selon lui, entre le singe et l'homme, le scepticisme des savants demeura quasi général. Le fémur qu'il trouva à Trinil ressemblait tellement à un fémur humain qu'il appartenait à un être bipède dont il annonça la découverte sous le nom de Pithecanthropus erectus : littéralement "homme singe debout". Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Ralph von Koenigswald, un paléontologue allemand, mit au jour à java d'autres restes de pithécanthropes, non loin de Trinil d'abord, puis à Sangiran. La véritable nature des pithécanthropes de Java put dès lors être démontrée et leur identité précisée. En réalité, il ne s'agissait pas d'un homme singe mais bien d'un homme qu'on baptisa Homo erectus. Depuis, les découvertes d'autres restes de type humain à Java se multiplièrent et en 1969, on exhuma à Sangiran un crâne presque complet. Les Homo erectus proviennent de plusieurs gisements situés au centre et à l'est de l'île de Java. Ils présentent tous un épais bourrelet au-dessus des orbites, un front fuyant, et un rétrécissement en arrière des orbites. Leur capacité crânienne varie de 900 à 1 100 cm3. Une forme plus évoluée d'Homo erectus, provenant du gisement de Ngandong, présente une capacité crânienne plus importante variant entre 1100 et 1300 cm3. HOMME DE MUNGO La découverte faite en Australie sur l'homme de Mungo et ses ancêtres chinois relance le débat sur les origines de l'homme moderne. Des analyses de l'ADN de l'homme de Mungo, découvert en 1974 dans l'est de l'Australie, ont permis d'établir qu'il avait vécu il y a environ 60 000 ans et descendait d'un homo sapiens chinois qui, selon le professeur Thorne, pourrait être arrivé en Australie il y a 70 000 ans. HOMME DE NEANDERTAL Dominant la vallée de la Vézère et le bourg des Eyzies, au pied d'un ancien château fort qui abrite un musée de préhistoire, s'élève une statue puissante : celle de l'Homme de Neandertal. Paul Dardé qui la sculpta en 1930 a traduit l'idée que l'on se faisait de cet ancêtre robuste et farouche. Cet homme préhistorique a longtemps été décrié et considéré comme une créature fruste à l'intelligence limitée. Quand les représentations populaires, chansons ou dessins humoristiques décrivent un homme préhistorique sou les traits d'une brute grossière, c'est sans doute le Neandertal qui est évoqué. Or, les premiers responsables de cette image sont les avants eux-mêmes. On eut du mal à admettre que les premiers ossements qu'on trouva de lui puissent être ceux d'un proche ascendant tant son crâne présentait des caractères surprenants. Les découvertes, dans la grotte d'Engis, en Belgique, puis à Gibraltar, arrivèrent trop tôt, eu égard au développement de la paléontologie humaine, pour qu'on y prêtât grande attention. Mais les idées sur l'ancienneté de l'homme progressaient lorsque, en 1856, dans une carrière du vallon de la Néander, près de Düsseldorf, on exhuma quelques os dont la partie supérieure d'un crâne. L'hypothèse que cette calotte appartînt à un direct prédécesseur de l'homme fut cependant accueillie avec scepticisme, sinon ironie, par plusieurs anatimistes. Il faut dire qu'à l'époque, elle avait de quoi surprendre, cette calotte ; très aplatie, le front fuyant vers l'arrière et avec un épais bourrelet osseux et continu formant le bord supérieur des orbites. L'un y vit un crâne pathologique, un autre celui d'un cosaque venu au temps des guerres napoléonienne, ce qui n'était pas courtois pour les cosaques. L'Anglais Huxley soupçonna cependant qu'il pouvait s'agir du crâne d'un précurseur de l'Homme moderne et, devant les sarcasmes d'un confrère, répliqua qu'il préférait avoir comme ancêtre un singe réussi plutôt qu'un Adam dégénéré ! Puis d'autres découvertes suivirent. En 1865, dans une caverne dite "le trou de la Naulette", près de Dinant, en Belgique, le géologue Dupont exhuma une mandibule humaine associée à des os d'animaux disparus ; mammouths, rhinocéros laineux, rennes... C'était la première mandibule de Néandertalien découverte. Préhistoriens et anthropologistes s'interrogeaient alors pour savoir si les prédécesseurs de l'homme possédaient la parole. Comme on pensait que certains caractères osseux sur la mandibules étaient liés à l'emploi du langage articulé, l'un d'eux écrivit : "La parole est une excellente caractéristique du genre humain. Mais en a-t-il été toujours ainsi ? La mâchoire de la Naulette répond non" (ce qui tendrait aussi à prouver que les muets peuvent parler). Les trouvailles successives, d'abord dans la grotte de Spy, en Belgique, puis un peu partout, démontrèrent enfin l'existence et l'extension en Europe d'un groupe d'hommes particuliers qui vécurent entre 100 000 et 35 000 ans avant l'époque actuelle. Mal accueillis à l'origine, les restes de Neandertal prenaient leur revanche en donnant leur nom à l'ensemble de ce groupe humain qu'on appelle désormais les Néandertaliens. Mais c'est à partir des ossements complets découverts au début du siècle en France qu'on fit la description de leur apparence physique, notamment à partir du squelette trouvé en 1908 en Corrèze, à La Chapelle-aux-Saints, dans une sépulture. Ainsi, on découvrait que les frustes Néandertaliens enterraient leurs morts. Malheureusement, le paléontologiste réputé, Marcellin Boule, qui en fit la reconstitution et l'étude, disposait de vertèbres présentant un caractère pathologique. L'homme de La Chapelle-aux-Saints avait une arthrose des vertèbres cervicales ; il souffrait aussi d'une subluxation de la hanche... Marcellin Boule est responsable de l'image de l'Homme de Neandertal, la tête dans les épaules, légèrement fléchi sur ses jambes, image que l'on sait maintenant inexacte, mais qui inspira Paul Dardé pour sa sculpture des Eyzies... Il n'en reste pas moins que l'Homme de Neandertal européen présente une morphologie spécifique. C'était un homme de petite stature, d'environ 1,55 m, mais très robuste, avec un tronc massif et des jambes plutôt courtes. De même que chez ses prédécesseurs, l'attitude était parfaitement redressée. Sa tête était très volumineuse et plusieurs crânes de Néandertaliens avaient une capacité supérieure à celle de l'homme moderne. Mais ce crâne était plus allongé d'avant en arrière, sans être très haut, avec un front fuyant. Comme chez les Archanthropiens archaïques, il présentait un énorme bourrelet osseux continu au-dessus des orbites, alors que chez quelques spécimens d'Homo erectus le bourrelet était aminci dans la région médiane. La face était très développée dans toutes ses dimensions, avec des pommettes effacées cependant, des orbites très grandes et arrondies, une ouverture nasale large, une mandibule massive et robuste, un menton fuyant en arrière. Tout le massif facial était projeté en avant. Pour caractéristique que soit la morphologie du Néandertalien, on a beaucoup exagéré son caractère bestial et, comme on l'a dit parfois, vêtu comme nous, il n'est pas certain qu'on le remarquerait. Il faut ajouter que cette description s'applique surtout aux Néandertaliens de l'Europe occidentale, encore appelés Néandertaliens classiques par les anthropologistes. En fait, l'ensemble des représentants du groupe, qui occupa une très vaste aire en Afrique, Asie, Moyen-Orient, Europe, présente une variabilité morphologique et plusieurs ont des traits qui les rapprochent davantage des hommes actuels. Cette extension montre une vitalité qui leur fit conquérir des biotopes très variés sous des climats divers. En Europe occidentale, ils furent les contemporains des grands froids de la glaciation würmienne, marqués par le développement maximum des glaciers scandinaves, alpins, pyrénéens et du Massif central. Bien qu'au cours de ces 70 000 ans des oscillations climatiques aient amené des phases plus clémentes entrecoupées de périodes rigoureuses, ce climat contribua sans doute à l'isolement de cette partie de l'Europe où les générations d'Hommes de Neandertal se succédèrent, comme en vase clos, exagérant des caractéristiques physiques qui ne sont pas aussi marquées ailleurs dans le monde. HOMME DE PEKIN Découverts dès le début du siècle, les sinanthropes proviennent de l'exploitation des calcaires des fours à chaux, dans les grottes de la colline des Os du Dragon, non loin de Pékin. Les découvertes se multiplièrent rapidement au point qu'en 1937, à la veille de la guerre entre la Chine et le Japon, on estima à quarante-cinq le nombre d'individus dont les restes avaient été exhumés. En 1941, devant l'avancée des troupes japonaises, la Chine décida d'envoyer les restes des sinanthropes aux Etats-Unis ; ils furent remis à un détachement de marins américains qui devaient s'embarquer quelques jours plus tard pour l'Amérique. Or le bâtiment de guerre sur lequel les soldats américains avaient embarqué fut coulé. L'opinion courante admet que les sinanthropes reposent quelque part en mer Jaune à moins de 200 m de fond. Selon certains, le bateau aurait été coulé avant d'atteindre le port où devaient embarquer les soldats américains. Les services secrets japonais, intéressés par ces fossiles, les auraient recherchés pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Malgré les fortes récompenses offertes, personne n'a pu les retrouver. Par bonheur, les sinanthropes dont on possède les moulages avaient fait l'objet d'une description détaillée. Les premiers indices de l'existence des sinanthropes remontent au début du siècle, lorsqu'un naturaliste allemand trouva dans les pharmacies chinoises des dents fossiles. Dans la pharmacopée chinoise, ces dents réduites en poudre constituaient en effet un remède efficace pour guérir nombre de maladies. Ce ne fut qu'en 1918 que l'on sut que ces dents, dont l'une appartenait à un homme primitif, provenaient de l'exploitation des calcaires pour les fours à chaux dans la grotte de la colline des Os-du-Dragon, à 50 km au sud-ouest de Pékin. Des fouilles méthodiques furent entreprises après la guerre dans la partie effondrée de la grotte où furent extraites coup sur coup plusieurs dents humaines décrites sous le nom de Sinanthropus pekinensis, c'est à dire " l'homme chinois de Pékin". La grotte de Chou-Kou-Tien, vidée par la suite de tous ses sédiments, allait finalement livrer les restes d'une quarantaine d'individus. La grotte de l'homme de Pékin fut en fait occupée il y a plus de 400 000 ans, et à diverses reprises pendant près de 300 000 ans, ce qui explique que l'on ait retrouvé plus de 20 000 outils taillés surtout en quartz et d'innombrables restes d'une faune très variée. Remarquables par leur crâne bas, leur front fuyant et leurs orbites surmontées par un épais bourrelet, les hommes de Pékin connaissaient l'usage du feu. HOMME DE PILTDOWN Faux fossile "trouvé" dans le sud de l'Angeterre et fabriqué à partir d'un crâne d'homme moderne et d'une mandibule d'orang-outang modifiés. HOMME DE TAUTAVEL La grotte de Tautavel, connue depuis plus d'un siècle pour ses faunes fossiles, et redécouverte peu après la Seconde Guerre mondiale, fait l'objet depuis 1964 d'une fouille systématique et minutieuse menée par le préhistorien français Henry de Lumley. Plus de 13 m d'épaisseur de sédiments, apportés au cours du Quaternaire par les eaux de ruissellement, constituent le remplissage de la grotte. Ces sédiments ont ainsi recouvert successivement les nombreux sols d'habitats préhistoriques. C'est sur l'un de ces sols datant de 450000 ans que fut découvert, au milieu d'un amoncellement d'outils et d'ossements brisés d'animaux, le fameux crâne de l'homme de Tautavel. Plusieurs mâchoires inférieures et des os du squelette recueillis par la suite ont permis de reconstituer la physionomie d'Homo erectus, ancêtre plausible des néandertaliens. Âgé de moins de vingt ans, l'homme de Tautavel, l'un des premiers habitants connus de l'Europe, avait un front fuyant, des orbites très écartées surmontées par un épais bourrelet, une face bombée ainsi qu'une mâchoire projetée en avant du crâne cérébral. Entre - 550 000 et - 400 000 ans, la caune de l'Arago fut occupée à maintes reprises par Homo erectus, comme en témoignent les innombrables ossements et outils en quartz ou en silex qui jonchaient le sol. Cette grotte, admirablement située au-dessus des corniches dominant la plaine, permettait à ces hommes d'observer et de traquer bisons, bœufs musqués, chevaux et éléphants. HOMME DE TERNIFINE Descendants de certaines formes évoluées d'Homo habilis, les plus anciens Homo erectus sont africains. Tout en achevant la colonisation du continent africain, ces Homo erectus vont se lancer à la conquête des régions tempérées de l'Europe et de l'Asie. La stature de ces hommes est désormais voisine de la nôtre, ils se tiennent droit. Leur volume cérébral varie entre 750 et 1250 cm3. Tandis que leurs mâchoires sont robustes et leurs dents encore volumineuses, comme en témoigne la mâchoire de Ternifine, le crâne présente un épais bourrelet au-dessus des orbites, qui forme une sorte de visière. Habiles chasseurs, capables de maîtriser le feu, ils acquièrent un certain sens de l'esthétique avec la fabrication des bifaces et l'usage des colorants. Ce sont eux qui finalement aménagent les premiers habitats. C'est sous la mâchoire d'un hippopotame que gisait celle d'un des hommes de Ternifine Le gisement d'où provient la mâchoire était connu de longue date par les premiers colons en Algérie, qui exploitèrent, dès 1870, la sablière de Ternifine. Cependant, la présence d'une nappe aquifère empêchait de mettre en valeur plus avant la carrière. En 1954 enfin, en s'attaquant à la partie inondée de la carrière, on exhuma les restes des tout premiers Homo erectus d'Afrique. HOMME DU MONT CARMEL (Palestine)Trouvé par Dorothy Garrod dans une grotte d’es-Skhul, il présente à la fois des caractéristiques de l’homme de Neandertal et d’autres de l’actuel Homo sapiens. Il est à peu près contemporain de l’Homme de Galilée. HORGEN (Suisse) Faciès culturel du Néolithique final, nommé d'après une ville du bord du lac de Zürich et appartenant au même ensemble que la civilisation Seine-Oise-Marne. HOSTIM (Tchécoslovaquie) Camp de base situé près de Beroun comportant des structures d’habitat datant du Magdalénien. On y a découvert des plaquettes en schiste avec des dessins zoomorphes (cheval, cervidé). HOUE La houe a les faces de son tranchant dissymétrique. Elle est emmanchée pour que le tranchant se trouve dans une position horizontale au moment de l'utilisation. La houe est un outil agricole. HOXNE (Angleterre) On a retrouvé à Hoxne dans l’est de l’Angleterre, de nombreux bifaces ovales ou en forme de cœur, datant de plus de 300 000 ans. Les traces d’usure sur certains d’entre eux suggèrent qu’ils ont servi à couper de la viande. Le gibier devait être tué avec des lances de bois à pointe durcie par le feu ou avec des pièges. HUXLEY Thomas (1825/1895) Ami et farouche défenseur de Darwin, le fondateur de la célèbre revue anglaise Nature, il a fait admettre les théories de l'évolution en Angleterre. HYENE DES CAVERNES Les hyènes des cavernes étaient très proches des hyènes tachetées actuelles qui ne se trouvent plus qu'en Afrique, sous des climats chauds. Entre environ - 500 000 et - 10 000 ans, elles étaient présentes en Europe, malgré les conditions climatiques extrêmement rigoureuses qui y régnaient pendant les périodes glaciaires, longues de plusieurs dizaines de milliers d'années, qui se sont succédé au cours du Pléistocène. Elle y furent contemporaines de hommes préhistoriques, mais disparurent avec la dernière glaciation. L'association, dans certaines grottes, d'ossements de hyènes et d'os d'herbivores portant des marques de déchiquetage montre que ces grottes ont servi d'habitat à plusieurs générations d' hyènes qui y trouvaient un abri contre le froid. Comme les hyènes tachetées actuelles, ces hyènes préhistoriques étaient à la fois prédatrices et charognardes ; afin de mettre à l'abri les proies qu'elles avaient capturées ou les charognes, elles en traînaient les carcasses jusque dans leurs grottes, pour s'en nourrir ensuite. Les hyènes des cavernes étaient plus corpulentes que les hyènes tachetées actuelles, et leurs membres étaient plus trapus. Celles de la grotte de Jaurens, qui vécurent en Ardèche à la fin du dernier épisode glaciaire, le plus rude de tous, sont nettement plus grandes que les premières émigrantes arrivées en Europe 500 000 ans plus tôt. L'accroissement de la taille est, en effet, pour les mammifères, un moyen de défense contre le froid. HYOÏDE Ce petit os du larynx, en particulier du cheval, a servi de support de prédilection pour les contours découpés des Magdaléniens. HYPOGEE Sépulture creusée qui remplace la grotte naturelle, lorsque la région n'en possède pas. La craie du Bassin-parisien a facilité le creusement des hypogées de la vallée du Morin avec parfois deux chambres. |