ABECEDAIRE DE LA PREHISTOIRE

 

                                       

        A

De Abbeville à...... Azilien

ABBEVILLE

Les bifaces de la Porte du Bois, à ABBEVILLE, ont détrôné le terme de Chelléen au profit d'Abbevillien. Ces outils universels qui sont les bifaces se trouvent en compagnie d'une faune très ancienne, comme l'éléphant méridional, plus archaïque que l'éléphant antique. Ils apparaissent donc aux limites du tertiaire et du quaternaire. L'abbé BREUIL qui fut un illustre préhistorien leur accorderait une ancienneté de quelques 800 000 ans. Tout n'a pas encore était découvert dans cette civilisation, la plus vieille d'Europe, dont les vestiges sont d'ailleurs très rares. Les bifaces restent exceptionnels. ils sont souvent recueillis par des ouvriers, dans les hauts niveaux des carrières. Or ces derniers ne ramassent pas ce qui est dispersé autour du biface. En particulier, ils ne prêtent aucune attention aux éclats de silex provoqués par la taille des bifaces. Ces éclats sont souvent pleins d'enseignement pour les préhistoriens.

Sous le nom d'Abbevillien, on désigne une industrie archaïque, mal datée, qui semble précéder l'Acheuléen en France, et dont les bifaces conservent une partie de cortex originel sous la forme d'un talon par où l'outil devait être empoigné (il correspond au coup de poing Chelléen des anciens auteurs, nommé d'après les sablières de Chelles où il avait été trouvé).

Le biface abbevillien est le premier outil reconnu comme préhistorique par BOUCHER DE PERTHES.

ABBEVILLIEN

Faciès industriel du Paléolithique inférieur (d'abord dénommé Chelléen) caractérisé par des bifaces taillés par grands enlèvements. Son appellation est empruntée aux gisements de la terrasse de la Somme, à Abbeville.

Le biface abbevillien est le premier outil reconnu comme préhistorique par Boucher de Perthes.

ABEL

En 1995, l'équipe de Michel Brunet découvre la mandibule d'un Hominidé. C'est le premier que l'on met au jour à l'ouest de la Rift Valley. La mâchoire inférieure d'Abel porte sept dents. Ses canines sont humaines, car elles comportent une crête antérieure et une crête postérieure, à la différence de celles des singes. C'est le représentant d'une nouvelle espèce qui a reçu le nom scientifique d'Australopithecus bahrelghazali. Cet Australopithèque avait vraisemblablement la taille d'un enfant (environ 1m20) et un régime alimentaire composé de fruits, légumes et viande de temps en temps.

ABRI BLANCHARD (Dordogne)

On a retrouvé dans cet abri de grandes quantités de perles en ivoire. Certaines ont été obtenues en série par une technique particulière de découpe d’une baguette débitée dans l’ivoire, puis de perforation ayant permis de les calibrer avec précision.

ABRI D’ANGLES-SUR-L’ANGLIN (Vienne)

Grand abri magdalénien où sur plus d’une vingtaine de mètres, se déploie une spectaculaire frise de bisons, chevaux, bouquetins sculptés en relief et gravés. Dans cet abri, les signes sont à peu près inexistants, en revanche, la thématique humaine est illustrée par deux ou trois profils, plus ou moins bestialisés, comme fréquemment dans l’art magdalénien, et par quatre étranges évocations de la femme. Seuls les jambes, les cuisses, le bas-ventre sexué et le ventre sont figurés.

ABRI D'OLHA (Basses-Pyrénées)

Abri-sous-roche fouillé par E.Passemard de 1917 à 1919 et ayant livré trois niveaux paléolithiques dont le plus ancien se caractérise par la présence de hachereaux sur grands éclats débités à partir de galets, dénommés éclats Olha, et celle de débitage Levallois. Ces traits ont permis la définition d'un faciès régional du Paléolithique moyen du Pays-Basque : le Vasconien.

ABRI DE BAYAC (Dordogne)

C'est à la Gravette, abri-sous-roche, sur la commune de Bayac (Dordogne), que F. Lacorre définit cette industrie du Paléolithique supérieur faisant partie du Périgordien supérieur ou Gravettien.

ABRI DE BERSAC (Dordogne)

A Bersac (Dordogne), abri-sous-roche renfermant du Solutréen à la base et du Magdalénien, d'abord considéré comme ancien puis individualisé sous le nom de Badegoulien. L'outillage comprend des burins sur encoche épais, des raclettes, petits éclats à retouche abrupte périphérique, et de petits perçoirs multiples sur éclats.

ABRI DE CASTELMERLE (Dordogne)

Nombreux gisements préhistoriques : les abris de Castelmerle. Un intéressant petit musée a été installé sur les lieux.

ABRI DE CSAKVAR (Hongrie)

Situé dans les monts Pilis, il s’agit d’une halte de chasse où ont été découverts des fragments de bracelets en ivoire, un pendentif en ivoire et des dents percées de cervidés.

ABRI DE DURUTHY (Landes)

A l’abri de Duruthy dans les Landes, vers 12 000 ans avant notre ère, les Magdaléniens ont sectionné une plaque de pierre en creusant un sillon rectiligne et profond sur l’une des faces. Retournant la plaque, ils creusèrent un sillon identique exactement à l’opposé. Une pression sur chaque extrémité de la plaque posée sur un rocher, a permis de rompre l’endroit désiré.

ABRI DE LA CHAIRE A CALVIN (Charente)

Entrée de grotte comportant des sculptures en bas relief où les représentations animales sont omniprésentes.

ABRI DE LA FERRASIE (Dordogne)

Dans cet abri-sous-roche des environs des Eyzies, D. Peyrony a fouillé une séquence de référence pour le Paléolithique moyen et supérieur français. Plusieurs sépultures de Néandertaliens furent découvertes dans un horizon moustérien dont l'industrie fut choisie par F. Bordes comme type d'un faciès particulier : le Moustérien type Ferrassie.

ABRI DE LA MADELEINE (Dordogne)

Très vaste abri-sous-roche sur la rive droite de la Vézère en amont des Eyzies, ayant livré dès 1863 à E. Lartet puis plus tard à D. Peyrony, des vestiges somptueux des industries et de l'art magdalénien.

ABRI DE LAUGERIE-BASSE (Dordogne)

Sur la commune des Eyzies (Dordogne), il se prolonge par l'abri de Marseilles. Il a livré de très beaux objets d'art mobilier magdaléniens. Sur place, un petit musée présente des collections provenant de l'abri de Marseilles.

ABRI DE LAUGERIE-HAUTE

Sur la commune des Eyzies (Dordogne), à 2km environ de la ville, il s'étend sur 180m de long et 35m de large. Il a livré notamment une très belle tête de bovidé et un bâton percé décoré de deux mammouths affrontés, visible au Musée de Préhistoire des Eyzies.

ABRI DE LA LLUERA (Espagne)

Entrée de grotte dans les Asturies comportant des sculptures en bas relief où les représentations animales sont omniprésentes.

ABRI DE MONCLUS

Ce grand abri connaît la superposition de 32 couches archéologiques sur 7m d'épaisseur. A sa base se situe le Montclusien, groupe mésolithique daté du VIIème millénaire avant J.C.

ABRI DE ROCHEDANE (Doubs)

L'intérêt de l'abri de Rochedane vient de la présence d'un nombre important de galets gravés et de galets peints aziliens. 122 galets peints ont été recueillis, ils sont tous en calcaire. Dans ce gisement où seule la couleur rouge a été utilisée (oxyde de fer), on observe les décors suivants :

points, bandes transversales, bandes longitudinales, association de bandes et de points et quelques motifs particulier.

ABRI DE SERGEAC (Dordogne)

Nombreux gisements préhistoriques : les abris de Castelmerle. Un intéressant petit musée a été installé sur les lieux.

ABRI DU CAP BLANC (Dordogne)

Sur la commune de Marquary (Dordogne), l'abri du Cap Blanc présente de très spectaculaires sculptures, notamment une frise sculptée sur toute la longueur de l'abri (15m), où domine le cheval.

ABRI MURAT (Lot)

Il a été fouillé au début du siècle par l'abbé Lemozi, qui a découvert une série de galets gravés à décor naturaliste associée à un outillage comprenant des harpons magdaléniens.

ABRI-SOUS-ROCHE

Emplacement protégé naturellement des intempéries par un surplomb rocheux.

ABRI TEUFELSBRÜCKE (Allemagne)

Halte de chasse située près de Saafeld, dans les restes d’une grotte datant du Magdalénien récent. On y a retrouvé un fragment de propulseur comportant une gravure de tête de cheval, des galets en schiste avec plusieurs gravures de silhouettes féminines et d’animaux.

ABRI VENTA DE LA PERRA (Espagne)

Entrée de grotte du Pays-Basque espagnol comportant des sculptures en bas relief où les représentations animales sont omniprésentes.

ACCULTURATION

Transformation d'une culture par contact avec une autre culture dont elle emprunte des éléments.

ACHEULEEN

SAINT-ACHEUL est le saint quelque peu ignoré, dont les statues ornent les voussures d'un magnifique portail de la cathédrale d'AMIENS. Il a donné son nom à un faubourg de la ville, lequel est devenu à son tour le nom d'une des plus anciennes et des plus longues civilisations de la Préhistoire : l'Acheuléen.

Pendant prés d'un demi million d'années, les Acheuléens ont fabriqué des bifaces allégés d'une technicité améliorée par rapport aux bifaces de leurs prédécesseurs Abbevilliens. Le biface acheuléen est généralement dégrossi au percuteur de pierre pour obtenir la forme globale d'une amende est ensuite fini au percuteur en bois à partir de la pointe. Le talon reste parfois rudimentaire. Ce type de finition lui donne une arrête rectiligne et non plus ondulée à larges éclats, comme précédemment. Parfois, le biface acheuléen, très mince, est taillé dans un éclat et non plus dans un bloc. Ces éclats, dits clactoniens, sont obtenus en fracassant un bloc sur un autre, lequel jour le rôle d'une enclume. Moins spectaculaires, des éclats aménagés en grosses pointes, ou racloirs, accompagnent ces bifaces jusqu'au Moustérien chaud, du dernier interglaciaire, avec des formes de plus en plus allégées.

Le biface apparaît comme un outil à tout faire, et à ce titre sans doute qu'il a bénéficié d'une grande extension et s'est perpétué longtemps à coté des autres outils créés ultérieurement par les Préhistoriques. On en rencontre aussi une forme particulière, au tranchant en bout et qu'on appelle hachereau. Rare en Europe, elle est répandue en Afrique du Nord.

ADAPTATION

Modification d’un organe ou de tout un organisme vivant, en fonction du milieu ambiant ou d’un certain mode de vie.

A.D.N.

Abréviation de acide désoxyribo-nucléique, constituant l'essentiel du bagage génétique conditionnant la transmission des caractères héréditaires. L'analyse de l'ADN de différents groupes de primates a contribué à la détermination de la lignée évolutive des hommes modernes et à l'estimation du temps pendant lequel diverses populations régionales ont été séparées.

AFAR (Ethiopie)

Après la découverte de Lucie, en 1974, la région de l’Afar, en Ethiopie, allait devenir l’un des hauts lieux de la Préhistoire ancienne.

En 1974, l’Afar fit l’objet d’une campagne internationale d’exploration et de fouilles et livra dès l’année suivante les premiers restes d’hominidés dont l’âge est antérieur à -3 millions d’années.

AGE DU BRONZE

Phase technologique qui voit le remplacement progressif du matériel lithique ou osseux traditionnel par des objets métalliques. Elle est divisée en 3 phases. Bronze ancien (1800-1500 av.JC), bronze moyen (1500-1200 av. JC), bronze final (1200-700 av. JC).

AGE DU RENNE

Période correspondant au paléolithique supérieur.

AGGSBACH (Autriche)

Site de plein air dans le lœss situé près de Krems (Basse-Autriche) daté du Gravettien ancien (25 600 BP). On y a découvert des pendeloques tubulaires de Dentalium, un segment de tige en ivoire avec décoration axiale en arrête de poisson et un bâton en os à courtes incisions rectilignes.

AHRENSBOURGIEN

Faciès culturel de l’Epipaléolithique de l’Europe septentrionale, défini d’après les trouvailles effectuées en Allemagne du nord près de Ahrensbourg. Cette industrie succède à celle de l’Hambourgien. Les petites pointes à tranchant oblique, caractéristique de l’Ahrensbourgien, sont datés d’environ 10 000 ans avant notre ère.

AIGUILLE

Inventée par les solutréens, vers 16 000 avant notre ère, rarement si petite chose eut de plus grandes conséquences. Une esquille osseuse que des incisions de burin ont détaché du fut d'un os long; un travail minutieux de finition pour arrondir l'esquille et l'épointer; un polissage sur une petite roche de grès fin, que son utilisation répétée finira par garnir de petites rainures de polissoir; enfin, dernière étape, la perforation biconique à une extrémité.

Les conséquences: la conservation des liquides dans des outres cousues, des liquides que l'on peut chauffer et porter à ébullition : le début de la vraie cuisine, des techniques rendues possibles comme la bouée, ou le kayak, donc les expéditions lointaines...Tout cela en partie grâce à l'aiguille.

Ces aiguilles souvent très fines, furent plutôt utilisées comme passe-lien, comme passe-lacets pour entraîner le fil (nerf traité). La perforation des peaux s'effectuait au préalable, à l'aide de perçoirs de silex plus robustes et mieux adaptés.

AILLEVANS (Haute-Saône)

Cette nécropole mégalithique, datée du IIIème millénaire avant J.C., a permis la définition d'un type architectural spécifique à la Franche-Comté, dérivé de celui de Schwörstadt.

AIRE DE BATTAGE

Aires circulaires, formées et piétinées par les animaux dans le dépiquetage des céréales. C'est la première forme agricole régulière, réalisée par l'usage, alors que les premières clairières cultivées, les premiers champs ensuite, possèdent des formes irrégulières, quoique grossièrement circulaires, dites en nébuleuses.

Dans le monde méditerranéen, il est encore possible de retrouver les anciennes aires de battages, encore pelées, parfois empierrées, bordées de grosses pierres. Ces aires conservent une tradition néolithique.

AIRE DE CHASSE

Les chasseurs moustériens de FONTEMAURE dans la Vienne vivaient sur un territoire offrant un matériau exceptionnel: un jaspe local, qui ne se trouve que sur une faible surface, d'une magnifique couleur jaune veinée de larges bandes pourpres. Ce jaspe, que l'on reconnaît facilement, se prête à une taille parfaite. Les Moustériens n'ont utilisés que lui (et l'aspect des veines du jaspe sur certaines pièces, pointes, racloirs, petits bifaces, laisse supposer que l'artisan n'était pas insensible à l'harmonie des couleurs).

Si l'on recueille dans la région de FONTEMAURE tous les documents taillés en jaspe : pointes perdues à la chasse, éclats bruts d'une retaille set si on les pointe avec précision sur une carte, on obtient l'aire de chasse. C'est une région de plateaux de 2 à 5 km de rayon, allongée dans le sens nord-sud, dans un vaste méandre de la Vienne. En tout, une centaine de km2, un territoire pouvant se parcourir aisément dans la journée. Exactement comme le fait aujourd'hui, le titulaire d'un permis communal de chasse.

ALIGNEMENTS

Sur la lande bretonne, à CARNAC, les menhirs se dressent en longues rangées plus ou moins rectilignes : ce sont les célèbres alignements. Au nord de la bourgade, les alignements du Ménec comportent 1169 menhirs, disposés selon 11 files, sur plus d'un kilomètre de long. Le plus haut a 4 mètres, le plus petit : 60 centimètres. A proximité des alignements du Ménec se trouvent ceux de Kerlescan. Les alignements mériteraient un recensement moderne. Mais la destruction d'un ou deux menhirs dans un ensemble, rend parfois l'identification difficile. En effet, deux menhirs plus ou moins voisins sont mathématiquement alignés. Mais il en faut au moins un troisième pour suggérer l'alignement et un quatrième pour l'assurer.

ALIGNEMENTS DE LAGATJAR

A l'extrémité de la presqu'île de Crozon, sur la route de la Pointe Penhir, se trouve l'alignement de Lagatjar (Finistère) comprenant une centaine de menhirs.

ALIGNEMENTS DE KERMARIO

Ces champs de menhirs ne donnent qu'une idée imparfaite de ce qu'a été la région de CARNAC à l'époque mégalithique : ils ont servi de carrières durant des siècles avant que l'Etat n'en fasse l'acquisition à la fin du siècle dernier.

ALIGNEMENTS DU MENEC

Ce champ de menhirs en compte 1099. Il est précédé d'un cromlech en forme d'hémicycle.

ALLEE COUVERTE

Monument mégalithique de l'époque néolithique, à l'usage de sépulture collective, composé, comme les dolmens de tables de pierre supportées par des blocs dressés et en différant par sa forme allongée.

ALLEE COUVERTE DE COMMANA

A moins de 1km de Commana (Finistère), un chemin, sur la D.764, mène à l'allée couverte de Mougau-Vian, remarquable par la gravure de ses supports.

ALLERÔD

Phase de réchauffement climatique intervenue entre -9800 et -8800, qui doit son nom à un village du Danemark.

ALLIAT (Ariège)

La grotte de la Vache se situe dans la vallée du Vicdessos, à 4km de Tarascon et en face du porche monumental de la grotte ornée de Niaux. L'intérêt de cette grotte réside dans le fait qu'on y a recueilli une soixantaine d'œuvres, sculptées et surtout gravées, en majorité en os et bois de cervidé. Nombreuses sont les œuvres qui présentent des alignements et des affrontements d'animaux.

ALTAMIRA (Espagne)

Grotte comportant des peintures rupestres. Cette première découverte d’art rupestre préhistorique fut très contestée. Outre les peintures et les gravures, ce site contient de riches dépôts solutréen et magdalénien. Ces œuvres couvent pourtant une période plus longue et sont sans doute les plus raffinées de l’art préhistorique. Deux faits les rendent admirables : la richesse des couleurs et les variations de teinte faisant effet de modelage. Les artistes cherchaient à reproduire les courbes des animaux dans les peintures et les gravures, mais rarement dans les peintures linéaires du début. Dans de nombreuses gravures fines, les poils des animaux soulignaient les contours de l’animal. Sur les peintures, ils traçaient d’autres lignes.

AMAS COQUILLIERS

Beg-an-Dorchenn est un site de chasseurs-cueilleurs un peu particulier. On le nomme ‘amas coquillier’ : pendant plusieurs générations, une population a vécu à cet endroit, accumulant des coquillages par millions. Les amas coquilliers mésolithiques sont rares en France (une demi-douzaine) mais on en connaît à la même époque qu Portugal, en Scandinavie, en Grande-Bretagne, en Hollande (voir KJOKKENMODDING).

AMBRONA (Espagne)

Ce site offre un très beau tableau de chasse : plus d’une quarantaine d’éléphants, entre autres gibiers, sans doute abattus par les mêmes chasseurs et selon la même tactique que ceux de Torralba. Un seul crâne d’éléphant a été retrouvé, troué à son sommet. Curieusement, une défense a été affûtée comme une pointe de crayon.

Les os alignés appartiennent à des bêtes différentes et leur disposition dénote l’intervention humaine. On a pensé que les archanthropiens maintenaient au sol des peaux jetées sur des piquets ou des défenses (des cercles de pierres, tout proches, ont aussi pu jouer ce rôle).

Mais l’endroit où ces os se trouvent étaient humide il y a 300 000 ans, aussi peut-on interpréter cet alignement d’os comme un pont posé sur la vase visqueuse. Dans un coin de ce gîte gisait sur le flanc la moitié d’une carcasse d’éléphant parce que les hommes n’ont dépecé que le flanc accessible, l’autre étant pris dans la vase (voir Torralba).

AMVROSEVKA (Ukraine)

Site d’abattage et de dépeçage de bisons situé dans le Donbass (Vallée de la Mious) et datant de l’Epigravettien.

On y a mis à jour des objets de parure en fossiles marins et un pendentif en pierre.

ANDERNARCH (Allemagne)

Les magdaléniens du campement d’Andernach sur les bords du Rhin (Rhénanie), qu’ils occupaient voici environ 12 000 ans, ont gravé des profils féminins sur des plaques de schiste et sculpté des figurines en ivoire et en bois de renne et quelques autres en schiste.

ANGLES-SUR-L’ANGLIN (Vienne)

Grand abri magdalénien où sur plus d’une vingtaine de mètres, se déploie une spectaculaire frise de bisons, chevaux, bouquetins sculptés en relief et gravés. Dans cet abri, les signes sont à peu près inexistants, en revanche, la thématique humaine est illustrée par deux ou trois profils, plus ou moins bestialisés, comme fréquemment dans l’art magdalénien, et par quatre étranges évocations de la femme. Seuls les jambes, les cuisses, le bas-ventre sexué et le ventre sont figurés.

ANGULAIRE

Type de signes rupestres et mobiliers en V, avec ou sans axe-bissectrie (flèche). Fréquent dans le Magdalénien et dans d’autres cultures préhistoriques.

ANORAK

Les parois gravées de la grotte de Gabillon (Gironde) nous représentent une femme de profil, la tète encapuchonnée et portant un anorak, ouvert sur les cotés pour laisser passer les bras. C'est une des premières figures de mode, vieille de 15 000 ans. La date est importante, car ce document nous montre un vêtement cousu. L'aiguille est connue depuis plusieurs milliers d'années déjà. Bien auparavant, les préhistoriques ne pouvaient qu'utiliser les peaux brutes, s'en couvrant, s'en drapant...

ANTEQUERA (Espagne)

La Cueva de Romeral allie énormes blocs et petites pierres. Elle appartient au groupe des monuments mégalithiques les plus impressionnants même si la disparition de tout le mobilier archéologique ne permet pas une datation précise.

ANTHROPOÏDEA

Sous-ordre des Primates comprenant les singes de l’Ancien et du Nouveau Monde, les singes anthropoïdes actuels et fossiles, ainsi que l’homme fossile et moderne.

ANTHROPOLOGIE

Etude des variations somatiques des hommes et de leurs causes dans l'espace et dans le temps. On appelle paléoanthropologie l'étude de l'origine de l'homme.

ANTHROPOLOGIE SOCIALE ET CULTURELLE

Science qui étudie l'organisation, le fonctionnement et les œuvres des sociétés humaines actuelles à différents niveaux (social, religieux, politique, technologique...). Ces termes tendent à remplacer celui d'ethnologie.

ANTHROPOMORPHE

Semblable à l’homme.

ANTHROPOPHAGIE

Coutume de manger des corps humains, souvent d’origine rituelle.

ARBORESCENT

Type de signes rupestre et mobiliers évoquant des formes végétales.

ARC

Si l’on définit une machine comme un mécanisme qui reçoit une certaine forme d’énergie qu’il emmagasine et restitue pour produire un effet donné, il est incontestable que l’arc est la première que l’homme ait jamais réalisé. Son invention remonte peut-être à la fin du Paléolithique supérieur, mais c’est à l’Epipaléolithique qu’il se répand. Il constitue un progrès technique permettant d’accroître l’efficacité de la chasse, plus sans doute que le propulseur ne l’avait fait par rapport au lancer du bras seul.

Les tourbières de l’Europe du nord ont livré d’une part des fragments d’arcs en bois d’orme à courbure unique et mesurant 1,50 à 1,60m, avec un renflement comme poignée; d’autre part des hampes de flèches en pin, soigneusement taillées dans une grosse branche et munies d’une encoche pour l’accrochage.

ARCHAÏQUE

Qui présente des caractères plus anciens et plus primitifs.

ARCHANTHROPIENS

Catégorie morphologique qui ne relève pas de la systématique, utilisée pour désigner les hommes fossiles (homo erectus) succédant aux Australopithèques et comprenant des formes répandues en Afrique,Asie, Europe (Pithécanthrope, Sinanthropes, Atlanthropes..)

ARCHEOLOGIE

Science qui recherche et étudie les témoignages matériels des civilisations disparues des époques historiques (c'est à dire postérieurement à l'apparition de l'écriture) en particulier d'après les monuments. On peut désigner la Préhistoire sous les termes d'Archéologie préhistorique.

ARCHEOZOOLOGIE

Discipline dérivée de la zoologie et qui s'occupe non seulement de l'identification des ossements animaux découverts en fouille (détermination de l'espèce et de la pièce du squelette) mais aussi des renseignements archéologiques dont ils sont porteurs (composition du troupeau élevé ou du gibier chassé, morceaux consommés, techniques d'abattage et de découpe, etc...)

ARCY-SUR-CURE (Yonne)

Sur la rive droite de la Cure, les escarpement calcaires sont creusés de nombreuses grottes qui furent habitées durant la préhistoire. Elles ont souvent reçu le nom d'un animal dont on avait découvert en premier un reste osseux: grotte du cheval, grotte de l'Hyène, du renne, de l'Ours...La Grande grotte, seule accessible au public, a livré des sépultures multiples du Néolithique et de l'Age du Bronze.

ARDIPITHEQUE (Ardipithecus ramidus)

Hominidé trouvé en 1992, dans le Moyen-Aouache par une équipe dirigée par Tim White et daté de 4,4 millions d'années
Une nouvelle forme d'ardipithèque, vieille de 5,2 à 5,8 millions d'années, a été découverte , également dans le Moyen-Aouache, au nord-est d'Addis-Abeba, par un jeune chercheur éthiopien, Yohannes Haïlé-Sélassié.

ARGENTEUIL (Val-d'Oise)

Quelques éléments spécifiques découverts dans cette allée couverte ont été attribués à un groupe chalcolithique, 'L'Argenteuillien' dont la réalité n'est pas reconnue par tous les chercheurs.

ARGENTEUILLIEN

Quelques éléments spécifiques découverts dans une allée couverte d’Argenteuil (Val-d’Oise), ont été attribués à un groupe chalcolithique, 'L'Argenteuillien' dont la réalité n'est pas reconnue par tous les chercheurs.

ARISE (L')

Rivière de l'Ariège qui traverse la grotte du Mas-d'Azil. E.Piette a reconnu en 1865, dans la stratigraphie de la grotte, sur la rive gauche de l'Arise, un faciès industriel de l'Epipaléolithique, l'Arisien, qui pourrait être un Azilien évolué.

ARKA (Hongrie)

Site de plein air situé dans le lœss près de Miskole comportant deux niveaux d’habitat et datant de l’Epigravettien. On y a découvert un pendentif rectangulaire en serpentinite, percé.

ARMATURE

Outil de pierre destiné à être fixé sur une hampe en bois, en os ou en bois de cerf; on connaît par exemple des armatures de flèches, perçantes ou tranchantes et des armatures de faucilles (reconnaissables au lustré laissé sur leur surface par l'utilisation). La plupart des armatures sont des microlithes.

ARME DE CHASSE

Les plus vieux outils de bois du paléolithique (350 000 ans) ont été exhumés à SCHÔNINGEN, une carrière de lignite allemande fouillée sous la direction de Hartmut Thieme. Ces 3 épieux longs de 2 mètres, taillés dans du sapin, sont des vestiges extrêmement rares, car très périssables. Des rainures à l'une de leurs extrémités servaient peut-être à y insérer des éclats de silex.

ART PARIETAL

Cet art débute vers -35 000 ans par une période préfigurative illustrée de rares témoins, blocs de pierre ou os portant de simples incisions. De -30 000 à -25 000 ans lui succède le style 1, marqué par quelques plaques de pierre à figuration animales malhabiles, représentations vulvaires, points et bâtonnets.

Avec le style II se développent les fresques pariétales. La ligne cervico-dorsale des animaux est stéréotypée et s'applique indifféremment à plusieurs, l'extrémité des pattes est généralement absente. C'est aussi l'époque des vénus et autres représentations féminines.

Au style III, qui dure de -17 000 à -12 000 ans environ, le modelé s'affirme et les détails se précisent, mais les animaux sont créés sans souci des proportions réelles.

C'est à partir du style IV, qui comprend deux phases successives, que l'art pariétal prend toute son ampleur ; équilibre des proportions, modelé en dégradés, détail des crinières, qui s'accompagnent de nombreux signes. C'est à ce style qu'appartient la précision naturaliste.

Ainsi, on constate que loin d'être des imitateurs précis de la nature, comme on s'est trop complu à le dire, les paléolithiques ont, en véritables artistes, interprété leurs modèles pour les reproduire. Photographies et descriptions rendent mal compte de l'intensité des œuvres pariétales en situation, qui animent les cavernes en se prêtant aux reliefs des parois. Cependant, les aménagements et éclairages modernes, qui facilitent l'entrée des grottes à de nombreux visiteurs à la fois, empêchent sans doute d'imaginer l'émotion qui animait les chasseurs paléolithiques progressant au sein des humides antres souterrains à la lueur vacillante des lampes à graisse.

Lascaux : "mal vert", "maladie blanche"....

De nombreuses cavernes exposent des œuvres remarquables. Quelques-unes sont exceptionnelles par la richesse, la diversité et l'ampleur de leurs panneaux ornés, comme à Lascaux, Niaux, Font-de-Gaume, Pech-Merle, les plus connues. Malheureusement, les perturbations physico-chimiques et biologiques du milieu spéléen par l'intrusion massive de milliers de visiteurs ont entraîné une dégradation des œuvres qui s'étaient conservées depuis des millénaires. Seules des mesures conservatoires -fermeture ou limitation d'accès- permettront de préserver les plus anciens témoignages de l'art de l'humanité. C'est ce qu'on a déjà dû faire pour sauver la célèbre Lascaux.

Si c'est à des adolescents que l'on doit la révélation du réseau d'Audoubert et des Trois Frères, c'est à des enfants que l'on doit les fresques qui ont contribué à la réputation de tout l'art paléolithique.

En 1940, deux jeunes garçons parcourant avec deux camarades le plateau boisé dominant la Vézère, à 2 kilomètres de Montignac, en Dordogne, descendent dans un trou étroit révélé par la chute d'un arbre. Ils accèdent à une galerie qu'ils explorent le lendemain, équipés de lampes. Le 12 septembre 1940, Lascaux était découverte, le 27, elle était classée monument historique et, le 14 juillet 1948, elle était ouverte au public, après des aménagements en permettant l'accès. En 1958, une machine, installée par des ingénieurs de la Marine, régénère et conditionne l'air en la maintenant à une température de 14° avec 98% d'humidité relative. En 1960, on compte 100 000 visiteurs. Mais le conservateur, M. Sarradet, constate un jour une petite tache verte sur un panneau. En 1961 et 1962, le "mal vert" s'étend, dû à la prolifération d'algues et de micro-organismes. En 1963, Lascaux est fermée. En 1965, apparition de la "maladie blanche" : une précipitation de calcite voile les peintures.

En 1980, après des années d'études, on reconstitue un microclimat aseptique favorable à la conservation des peintures. est désormais réservé aux spécialistes en nombre réduit. Après 17 000 ans d'oubli, puis quinze années qui virent défiler plus d'hommes que pendant la fréquentation paléolithique, Lascaux est sauvée d'une destruction certaine. Mais les amateurs pourront admirer une reproduction partielle en relief et en grandeur réelle, à côté de la grotte même.

ARTEFACT

Phénomène d'origine humaine ou artificielle rencontré au cours d'une observation portant sur un phénomène naturel.

ARTENAC (Grotte)

Grotte à sépultures collective, datée du début du IIIème millénaire avant J.C. et spécifique de la culture artenacienne du Néolithique final (Chalcolithique) de l'ouest de la France. Cette culture est caractérisée par l'apogée du silex ; pointes de flèches à ailerons et pédoncule, poignards en silex du Grand-Pressigny exportés jusqu'en Hollande et en Suisse.

ASSEMBLAGE DE PIERRES

Les menuisiers assemblent deux pièces de bois de la manière la plus simple, en creusant une mortaise dans l'une, en aménageant un tenon dans l'autre. Les pointes en os, avec leurs fines lamelles de silex insérées dans une rainure, trouvées à AFONTOVA-GORA, en Sibérie, utilisaient déjà cette technique en 17 850 ans avant J.C. : La rainure jouait le rôle de la mortaise, les lamelles celui du tenon.

Les architectes de STONEHENGE, entre 2000 et 1400 ans avant notre ère firent beaucoup mieux, en réalisant des assemblages de pierres énormes. Les trilithes du centre de la vaste enceinte mégalithique sont constituées par deux pierres supports, la troisième étant le linteau horizontal posé sur ces supports. Le trilithe forme donc une porte monumentale. Chaque pierre pèse 50 tonnes. Les supports, hauts de 8 mètres, portent un tenon à leur partie supérieure. Le linteau porte une cavité profonde à chacune de ses extrémités, naturellement calculée pour s'emboîter sur les tenons.

ASINIPODIEN

Dans le gisement de Pech de l’Aze, F. Bordes découvrit une industrie moustérienne de petite taille qu’il dénomma ‘faciès asinipodien’.

ATELIER

Les sites néolithiques connaissent déjà une véritable spécialisation dans leur outillage. On peut dresser une très exacte typologie qui rend compte des occupations humaines. Ici abondance de grattoirs de silex craquelés par le feu nous suggère un habitat et des occupations de la vie quotidienne, de la vie domestique. Là, le grand nombre de haches ébauchées, semblant attendre les finitions, suggère un véritable atelier de fabrication, installé pour utiliser un silex abondant et de bonne qualité, comme à SPIENNES (Hainaut), à GIROLLES (Loiret) ou autour de BERGERAC (Dordogne).

ATELIER DE DÉBITAGE

Lieu où sont effectuées des activités de taille de la pierre. Un atelier de débitage se reconnaît par la grande quantité de déchets de taille en pierre, à leur répartition spatiale particulière (en fonction du nombre et des déplacements des tailleurs) et aux liaisons entre les objets (remontages). Les ateliers de débitage antérieurs au Paléolithique supérieur sont rarement bien conservés.

ATELIER DE POLISSAGE

Les polissoirs dépendent étroitement de la géologie de la région et les pays où les grès affleurent sont riches en polissoirs. Ceux-ci se présentent volontiers groupés, comme si les artisans néolithiques tenaient à profiter de ces avantages naturels. Il es possible que ces artisans se soient réunis en confréries ou en corporations.

Le Gâtinais, au sud de la grande forêt de FONTAINEBLEAU, est le grand centre occidental du polissage. On rencontre une trentaine de polissoirs dans la petite vallée du Loing, une bonne dizaine dans les environs de NEMOURS et une trentaine encore, plus au sud, autour de BEAUMOULIN, sur la RN.7, peu avant SOUPPES-SUR-LOING (un panneau indicateur en signale quelques uns

Ces roches à rainures et à cuvettes dominent de quelques décimètres à peine le lit actuel du Loing. Preuve que l'eau était utile, mais aussi que le régime des eaux n'a guère varié depuis ces temps lointains. A SAINT-MARD (Luxembourg) ce sont trois polissoirs groupés au milieu de la plaine.

Au siècle dernier, on a souvent fouillé au pied des polissoirs sans y trouver le moindre document. Ces ateliers n'étaient donc que des lieux de travail, sur lesquels on apportait ses haches pour les polir, les emportant quant le travail était achevé. Dans l'atelier de taille, les ébauches, les pièces cassées sont innombrables. En revanche, dans un atelier de polissage, qui est un atelier d'usure, on ne trouve aucun débris.

-POUR POLIR UNE PIERRE : -Tailler un module de silex selon la forme de l'outil à obtenir. -Frotter ensuite cette ébauche sur un polissoir fixe aux bonnes qualités abrasives, de préférence sur du grés. -Terminer l'opération en frottant l'outil sur du sable humide pour obtenir un poli parfait.

ATERIEN

Faciès culturel du Paléolithique de l’Afrique du Nord. Son nom provient de Bir-el-Ater en Algérie. Les outils lithiques se rapprochent du Moustérien. Cette industrie est caractérisée par des pointes pédonculées. L’Atérien correspond à peu près par l’âge au Paléolithique supérieur européen.

ATLANTHROPE

La forme nord-africaine d'Homo erectus découverte à Ternifine (Algérie) et datée de -400 000 à -300 000 ans.

ATLANTIQUE

Phase climatique postglaciaire située entre -5500 et -2500, qui voit l'installation d'un climat chaud et humide. C'est à cette époque qu'une importante transgression marine sépare l'Angleterre du continent.

AUGY (Yonne)

Augy et Sainte-Pallaye sont deux sites de Bourgognes où fût défini un groupe de la fin du Néolithique ancien qui occupa le sud du Bassin parisien. On le considère désormais comme un faciès de la grande famille Cerny à la fin du Vème millénaire avant J.C.

AURIGNAC (Grotte)

La petite grotte pyrénéenne, de quelques m3 de volume, la grotte d'AURIGNAC va donner son nom en 1860 grâce à Edouard LARTET, à toute une civilisation, celle qui correspond au début de la grande chasse, à l'épopée du renne, entre 30 000 et 25 000 ans avant notre ère.

Aurignac était pourtant entrée dans l'histoire par la toute petite porte. Un cantonnier démolissait un talus, pour améliorer le chemin rural qui longeait le ruisseau d'Aurignac. Soudain sa pioche rencontre des ossements humains luis semblait-il, à la base d'une médiocre falaise. Soigneusement, il recueillit ces restes vénérables pour les porter à son curé. Saisi d'un zèle sacré, mais regrettable, ce dernier s'empressa de les inhumer dans la fosse commune du cimetière. Ils y sont encore mais dans quel état (17 squelettes). Averti trop tard, E.LARTET arriva sur les lieux pour y découvrir des outils en silex, des lames étranglées, des grattoirs épais sur bout de lame, des burins, des sagaies en os à base fendue, des pointes pour la chasse. Le tout truffé d'ossements d'espèces animales disparues de nos régions ou du globe : dents de rennes, molaires de mammouths, canines d'ours. Aucun doute n'était permis : LARTET se trouvait devant un habitat de chasseurs de rennes, dont les squelettes reposaient dans la fosse commune. Huit ans plus tard, les squelettes que l'on découvrit aux EYZIES, dans l'abri de CRO-MAGNON, devaient avoir une autre destinées. Ils dorment leur dernier sommeil dans les vitrines d'un musée.

AURIGNACIEN

Les Aurignaciens inaugurent le débitage des lames, ils convertissent ces lames par retouches et troncatures (remplacement d'une arrête par une facette), en outils divers. L'enlèvement de fines lamelles à l'extrémité donne un grattoir sur bout de lame, dans les déchets de tailles, selon leurs formes, ils fabriquent des 'grattoirs à museau' destinés au travail de précision sur os, ainsi que des burins busqués pour le même usage. Leurs pointes de sagaies en ivoire sont d'abord fendues à la base, plus tard, elles prennent la forme d'un losange. C'est à l'Aurignacien qu'apparaissent les premiers bâtons percés.

AUROCHS

Le bœuf primitif, Bos primigenius, également appelé urus ou aurochs, est un bœuf de grande taille qui est apparu en Eurasie durant les dernières glaciations. Il avait 2 m de hauteur au garrot, un dos rectiligne, un crâne volumineux, un front plat et étroit muni, surtout chez les mâles de grandes cornes à courbure hélicoïdale et tournées vers l'avant.

Plus sensible au froid que le bison, il a été plus abondant dans le sud-est que dans le sud-ouest de la France pendant les périodes glaciaires car il ne pouvait pas monter à une altitude élevée dans les vallées des montages. Au plus fort de la glaciation du Würm, il devint très rare, pour redevenir abondant dès les premiers réchauffements interglaciaires.

Le dernier aurochs sauvage fut une vieille femelle, tuée en 1627 en Yougoslavie. Mais cette espèce est considérée comme à l'origine de Bos taurus, notre boeuf actuel d'Europe, qui fut domestiqué dès le Néolithique au Moyen-Orien, et en Grèce vers 6 000 avant J.C. L'aurochs est aussi à l'origine de petites races apparues à la fin des temps préhistoriques, dont le brachycère, ou petit boeuf des Palafittes, qui passa d'une taille d'environ 2 m au garrot à celle ce 1,20 m. Le boeuf crétois, représenté si abondamment sur les fresques de Cnossos, possède la même ascendance, de même que la dernière race sauvage européenne (l'actuel boeuf de Camargue).

AUSTRALIE

Des milliers de petits cercles gravés sur plusieurs blocs à Jinmium (Australie du Nord) bouleversent les hypothèses sur l'émergence d'Homo sapiens sapiens. Cette forme d'art, totalement nouvelle, est la plus archaïque connue. Les plus anciennes de ces gravures dateraient de 75 000 ans.

AUSTRALOPITHECINES

Sous-famille de la famille des homidés à laquelle appartiennent l’Australopithèque et le Paranthrope du début du Pléistocène.

AUSTRALOPITHEQUES

Examinant en 1925 un crâne découvert dans une carrière du BETCHWANALAND (Afrique Australe), R. DART déclarait : 'il est manifeste que nous sommes en présence d'un stock pré-humain'. Il baptisa ce crâne d'Australopithèque. Depuis on a trouvé de nombreux Australopithèques dans l'Est de l'Afrique et notamment dans les gorges d'OLDDOWAY. Pour le moment, les plus anciens Australopithèques remontent à 2 ou 3 millions d'années.

Au cours des dernières années, 8 expéditions internationales, comptant une centaine de chercheurs, participèrent à cette passionnante quête des plus lointains ancêtre de l'homme.

AVDEEVO (Russie)

Site comprenant deux complexes de cabanes et foyers du type ‘proto-villages’ situé près de Koursk. On y a découvert quatre statuettes anthropomorphes, une sculpture de mammouth, des plaquettes trapézoïdales décorées, des objets décorés en forme de pelles, coins, lissoirs, poinçons, des diadèmes décorés et des dents percées.

AVEN DE VERGRANNE (Doubs)

L'aven de Vergranne a fonctionné comme piège il y a environ 400 000 ans et s'est progressivement comblé de fragments rocheux éboulés des parois. Des animaux (rhinocéros, ours, bisons, chevaux, élans) sont tombés dans ce piège. Une dent humaine trouvée dans la partie supérieure du gisement prouve que l'homme fut témoin de cette tragédie animale. Il s'agit d'une dent de lait d'un enfant de 4 à 5 ans.

AVENTIGNAN (Hautes-Pyrénées)

Situées sur la commune d'Aventignan (Hautes-Pyrénées), les grottes de Gargas présentent une ornementation exceptionnelle, datant du Périgordien, de fresques de mains rouges et noires s'alignant sur les parois (on en a dénombré 231), de gravures (143 figures animalières reconnues)et de peintures.

AVERDON (Loir-et-Cher)

Des enceintes fortifiées de l'époque néolithique ont été découvertes dans la Vallée de la Grande Pierre et à Maisons-Rouges. Tout le territoire de la commune possède des stations préhistorique d'une richesse exceptionnelle qui, chaque année aux labours, livrent des collections de silex taillés. On a recensé 4 dolmens et 4 menhirs à Averdon, 3 sur 4 de chacun de ces types dépendent de 'Vitain'.

AZE (Saône-et-Loire)

La grotte de Rizerolles a livré un intéressant matériel, notamment des restes d'industrie magdalénienne et deux charniers d'ours.

AZILIEN

Faciès culturel épipaléolithique qui comprend notamment des galets peints de signes géométriques et nommé d'après le gisement du Mas d'Azil (Ariège).