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Charles Darwin est celui par qui le scandale est arrivé! Son Origine des espèces par voie de sélection naturelle (1859) s'est - le jour même de sa sortie - vendu à 1 600 exemplaires. |
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Évolution : la filiation des hominiens
Avant la publication de l'ouvrage fondamental de Charles Darwin, l'Origine des espèces (1859), de nombreux fossiles avaient été découverts, prouvant que des espèces très différentes de celles d'aujourd'hui avaient autrefois peuplé la Terre. Pour la majorité des biologistes, notamment Georges Cuvier, cela voulait simplement dire que Dieu avait créé plusieurs types d'animaux à différents moments. Mais Darwin apporta les preuves que les espèces étaient apparues successivement, non pas par des actes de création mais par un processus biologique: la descendance; toute espèce était issue d'une espèce qui l'avait précédée. Les fossiles étaient les ancêtres des espèces actuelles, et l'on pouvait reconstituer l'arbre généalogique reliant les espèces du passé à celles d'aujourd'hui.
La naissance des espèces selon Darwin
S'il avait apporté les preuves de l'évolution, c'est-à-dire de la réalité d'un lien généalogique entre les espèces, Darwin n'avait cependant pas fourni de preuves tangibles sur la façon dont pouvait se dérouler la naissance d'une espèce à partir d'une espèce-souche. En effet, si l'idée de descendance impliquait qu'à un moment donné des espèces donnent naissance à d'autres, le phénomène lui-même restait mystérieux. La théorie de l'évolution affirme que les espèces d'oiseaux sont nées d'espèces ancestrales de reptiles, mais on ne sait pas, concrètement, de quelle façon la première espèce d'oiseau est apparue. Est-ce qu'un beau matin de petits animaux capables de s'envoler sont sortis d'œufs de reptiles aux mœurs terrestres? Sur ce point, Darwin s'était borné à avancer des hypothèses.
Évolution : la phylogénie des reptiles
Selon lui, le processus d'apparition de nouvelles espèces à partir d'espèces-souches était extrêmement lent et graduel. Il reposait sur la capacité des espèces à produire des variétés aux caractéristiques légèrement différentes du type initial.
Le lent passage d'une espèce-souche à une nouvelle espèce
Par exemple, pour expliquer l'apparition d'une espèce capable de voler à partir d'une espèce-souche terrestre, on pouvait imaginer que cette dernière aurait d'abord donné, au bout de mille générations, plusieurs variétés ayant toujours des mœurs terrestres, mais dont l'une aurait eu de meilleures griffes, ce qui lui aurait permis de grimper efficacement aux arbres. Celle-ci aurait à son tour engendré, après mille autres générations, de nouvelles variétés, dont l'une aurait présenté, sur les côtés du corps, des extensions de peau reliant les pattes avant aux pattes arrière; en se jetant du haut d'un arbre, ce type d'animal, déployant ses extensions cutanées entre ses membres écartés, aurait pu exécuter une sorte de vol plané. (Il existe de nos jours en Indonésie des lézards, les dracos, qui réalisent des vols planés exactement de cette façon.)
Subissant d'autres modifications, cette variété aurait pu donner à son tour une variété capable de s'envoler à partir du sol comme les oiseaux. Darwin disposait de certains arguments pour étayer cette manière de concevoir la naissance de nouvelles espèces. Il fit valoir, dans son ouvrage, que les individus membres d'une espèce ne sont généralement pas uniformes: au sein d'une même espèce d'oiseaux, par exemple, les uns ont un plumage clair; les autres, foncé.
La notion de sélection naturelle
Ce type de variations est bien connu chez les animaux domestiques, et les éleveurs ont appris à reconnaître sans difficulté chaque individu d'un troupeau de bovins d'après ses caractéristiques individuelles. À partir de cette observation incontestable, Darwin avança l'hypothèse de la sélection naturelle. Si l'une de ces variations se révèle avantageuse, l'individu qui la porte se reproduira mieux que les autres; si, de plus, cette variation est héréditaire, ses descendants engendreront eux aussi plus que les autres membres de la population.
Cette dernière tendra donc progressivement à n'être composée que d'individus porteurs de cette variation. Elle représentera une race nouvelle au sein de l'espèce, c'est-à-dire une population différant héréditairement des autres populations qui composent l'espèce. Darwin avança une autre hypothèse: si une race approfondit sa différenciation (par le même mécanisme d'accumulation des variations avantageuses), elle peut devenir si distincte du type initial de l'espèce qu'un zoologiste la qualifierait de sous-espèce; si celle-ci se différencie encore, elle finira par représenter une véritable espèce nouvelle.
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