Coppens Yves (né en 1934)

 Paléanthropologue français

 

 

     Yves Coppens est néé à Vannes le 9 août 1934, Yves Coppens restera toujours profondément attaché à la Bretagne. Sa petite enfance se passe cependant dans la région de Clermont dans l'Oise, cette même région où avait vécu l'abbé Breuil lorsqu'il était enfant. Ce n'est que lorsqu'il a l'âge de 10 ans que ses parents reviennent s'installer à Vannes ; il y fera ses études au lycée Jules Simon, avant de les poursuivre à la Sorbonne, jusqu'en 1957. L'année d'avant il était entré au C.N.R.S., qui l'avait assez rapidement affecté au laboratoire de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle.

 C'est à ce moment là qu'il se tourne définitivement vers la paléoanthropologie et la préhistoire africaines. La chance se met vite de son côté, pour ne plus le quitter d'ailleurs, puisqu'au début des années 1960, au Tchad, il découvre un specimen d'Homo erectus, qu'il baptise Tchadanthropus uxoris, puis, jusqu'en 1966, il met au jour plusieurs centaines de gisements archéologiques au Tchad. Déjà s'affirment les extraordinaires compétences de l'homme de terrain qu'est Yves Coppens, compétences qui ne tardent pas à retenir l'attention du professeur Camille Arambourg qui, le premier, avait mené en 1932-1933 une expédition scientifique dans la vallée de l'Omo en Éthiopie.
    C'est ainsi qu'en 1967, c'est Yves Coppens qui dirige l'équipe française de l'expédition internationale de l'Omo, fondée notamment par Camille Arambourg et Louis Leakey ; l'expédition porte rapidement ses fruits, puisqu'il ne lui faut pas un mois avant de découvrir une mandibule d'Hominidé datée de deux millions et demi d'années. La découverte est de taille : il s'agit ni plus ni moins du plus vieil ossement d'Hominidé alors connu au monde. Elle amènera Yves Coppens à renouveler ce type d'expéditions, qui attireront autour de lui, au fil des années, plusieurs dizaines de spécialistes. Ses succès lui vaudront plusieurs honneurs, pour avoir notamment, selon Herbert Thomas, trouvé «la plus belle séquence d'Hominidés connue, avec la reconnaissance de deux genres et de six espèces», ainsi que «la plus ancienne industrie, datée de trois millions d'années». Enfin, «la séquence paléontologique animale et végétale de la formation de Shungura de l'Omo, soigneusement étalonnée par les datations radiométriques et paléomagnétiques, constitue actuellement un modèle de référence. Celui-ci permet de reconstituer fidèlement les événements climatiques et écologiques dont les interactions avec les Hominidés pourraient être à l'origine des Australopithèques et du genre Homo».

    C'est dans le prolongement de cette première série d'expéditions que s'inscrit le nouveau programme de recherches qu'il monte dès 1972 : ce sera l'expédition internationale de l'Afar, qui se soldera par la découverte impressionnante de près de trois cents restes d'Hominidés appartenant à une nouvelle espèce d'Australopithèque : Australopithecus afarensis. Parmi les ossements retrouvés figurent bien entendu ceux de Lucy, qui lui apportera la célébrité mondiale qu'on lui connaît aujourd'hui.
   On aurait pu croire, après tout cela, qu'Yves Coppens avait fini de nous étonner : mais c'était sans conter sur les multiples facettes de son talent de chercheur. C'est ainsi qu'en 1997, lorsqu'un mammouth est repéré dans les glaces de Sibérie, c'est lui encore qui parraine l'expédition destinée à l'en sortir pour pouvoir en étudier l'ADN. Gageons que l'«éternel étonné» qu'il est nous surprendra encore dans les années à venir...